III. Lettre XXIV
19s Du Roy, de la Reine et des Princes, Pour le repos de nos provinces.
J'ay sceu , je ne sçay plus de qui.
Que Roquelaure et que Créqui, Pour avoir fait à l'Eminence
200 Chacun trés-humble révérence (Qu'auparavant, pour certain point, Ils ne voyoient ny peu ny point), Ont un brevet dans leur pochette, Ou pour le moins dans leur cassette,
10 j Contenant en termes bien clairs Qu'ils seront un jour ducs et pairs; Je croy toutefois que c'est fable r Car un homme assez véritable , Et qui dit le sçavoir fort bien,
210 M'a juré qu'il n'en êtoit rien.
Le peuple , qui n'est pas trop sage Vendredy, voulant faire outrage Et donner quelque coup de dent A monsieur Thoré , prézident ,
21 $ Avec une rage féroce Avoh ataqué son carosse, Au nombre de quinze ou de vingt; Mais monsieur le Prince survint Qui réprima Pire et l'audace
220 De messieurs de la populace.
Il est certain qu'en pluzieurs lieux Quantité de ces nirieux Acoûtumez à la licence Ont fait craindre leur violence;
22j Et , quoy qu'on espère la paix Plus aparemment que jamais, De nuit les chaînes sont tendues Aux petites et grandes rués , Pour empêcher les assassins,
2)0 Les dezordres et les larcins.
De peur que ma veine tarisse, Princesse , il faut que je finisse ; On m'a conté, ces jours passez, Encor d'autres contes assez,
2)5 Mais la plus-part tristes nouvelles, Qui ne sont ny bonnes ni belles ; On n'entend plus rien de plaizant En ce mal-heureux temps prézant , Et ce que j'y trouve de pire
240 On n'oze pas mesmes tout dire.
Fait au sixième mois de l'an, La veille de monsieur saint Jean,
La Muze historique. — Juin i6>j.
LETTRE VINT-CINQUIÉME
Du [dimanche] dernier Juin.