‹ La muze historique;Chapitre 119 sur 221 · III. Lettre XXXIII · texte numérisé non relu

III. Lettre XXXIII

Une réponse haute ou basse, 190 Je ne sçaurois, cela me passe.

Un des cens du mylord Germain

Dit qu'on doit rendre au duc Loram

Sa belle et fertile province ,

A condition que ce prince 19$ Nôtre fidel amy sera ,

Et se d'espagnolizera.

Cet illustre et fameux volage

Fera-t'il un acte si sage?

La France, qui traite aujourd'huy aoo Si candidement avec luy,

Sera-t'elle point^trapée?

Fennt'il bien ce coup-d'èpée i

Parlera-tll , à cette fois,

Ou bon loram ou bon françois ?

*>; Pour du grez, souvent il en casse.

Mais tout beau , chut! cela me passe.

Princesse, j'ay tant de dézir De vous cauzer quelque plaizir Par les éphres qu'avec joye

no Je vous porte ou je vous envoyé, Que, si de tous les bruits divers Qui courent parmy l'univers Mon ame ètoh bien informée Par la voix de la Renommée ,

si$ Sans doute en cette lettre icy Vous les verriez en racourcy; Si je fréquentais les ruelles, Et que j'aprisse les nouvelles Que l'on y dit à tout moment,

220 Vous les sçauriez pareillement ; Si je faizois en Cour demeure, Je vous ferais part, à toute heure, Avec des discours bien plaizans, Des intrigues des courtizans;

2a$ Enfin, si j'étois créature

Qui , par auelque coup-d'avanture, Fît des clients du Cabinet (Je le dis icy franc et net), Vous sçauriez tout ce qui s'y passe ;

210 Mais, ma-foy, tout cela me passe.

Fait le jour Saint Ludovicus, Sans implorer monsieur Bacus.

Apostille.

L'autre-jour monsieur l'Admirai, En un certain combat naval,

La Muze historique. — Septembre i6$2.

3M Eut, dit-on, un grand avantage Sur le gouverneur de Broûage.

Je pourois nombrer les vaisseaux Qui coulèrent dessous les eaux, Et combien d'hommes sur les vagues

240 Furent tuez à coups de dagues; Mais il vaut mieux, à ce propos, En donnant un peu de repos A ma plume, déjà trés4asse, Dire en trois mots : «Cela me passe.»

LETTRE TRENTE-QUATRIÈME

Du [dimanche] Ier Septembre.

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