V. Lettre II
Tous les biens de son défunt roy , Dont ce tyran à triple étage • Fait à prézent son héritage.
Auparavant ce faux matois Faizoit le citoyen courtois, Le clément et le débonnaire,.
Et mesmes le vizionnaire.
Le çaland dizoit en maint lieu Qu'il conférait avéques Dieu Et ne faizoit rien d importance Sans invoquer son assistance ; Mesmes que souvent l'Eternel Luy dizoit : « Mon fils Crommuêl , J'ayme ta candeur et justice.
Va, va , je te seray propice.
Le peuple Anglois, à l'avenir, Va ae moy tous biens obtenir, Et sera mon peuple d'élite, Comme jadis l'Israélite. s> C'était avec pareils discours Dont monsieur Crommuêl toujours, Faizant des yeux mainte grimace , Dupoit la sote populace.
Maintenant, ayant mis à part Sa trompeuze peau de renard Qui luy servoit comme d'amorce, Et voulant par la vive force Maintenir sa rébellion , Il a pris celle de lion.
Entouré de soldats et d'armes, Il met tout Londres en allarmes ; Il a cassé le Parlement, Et l'onn'ozeroit nullement, A peine de passer pour traître, Censurer ce superbe maître , Qui, pour le moindre quolibet, Envoyait un homme au gibet.
Nation qui fut favorable A son ambrdon damnable , Peuples qui prêtâtes la main A ce politique inhumain, Ou plutôt bigot sanguinaire, Pour meurtrir un roy débonnaire , Vous aurez quelque jour regret D'avoir eu ce zélé indiscret.
Cet homme dont la Marguerie Est le surnom ou seigneurie, Personnage assez estimé, Est premier prézident nommé Dans la province de Bourgogne (Séjour natal de maint yvrogne), Et l'autre jour en fit au Roy, A ce qu'on dit , serment et foy,.
185 Prézcnté de bonne manière ParlesagedelaVrilliére, Digne secrétaire d'Etat, Qui de mes vers fait quelque état
Beaufort, fils du duc de Vendôme, 190 Un des grands Wondins du royaume , Est à Paris dés mercredy, Et de plus encor je vous dy Qu'il a fait à Son Eminence Et compliment et révérence.
195 Je croy que le susdit retour Ne déplaira pas à la Cour.
Jeudy, tous les soldats des gardes, Avec mousquets et halebardes, Piques, enseignes et drapeaux,
300 Ofiders tant vieux que nouveaux, La plus-part ayans bonne trogne , Allèrent au bois de Bologne , Où ce vaillant et brave corps, Des plus complets et des plus forts,
aoj Fit , selon Part de la milice,
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— Janvier 1654.
Admirablement l'exercice.
Le ioy, pour les voir, y parut, Ou, pour mieux parler, y counn :
Car, encor qu'il ah l'ame douce Et très-rarement se courouce, Il aime le métier de Mars Autant ou plus que les Cézais.
Tout le monde admira son geste.
L'habit riche, pompeux et teste, Que portott lors Sa Majesté, Sembloit augmenter sa beauté Et luy donner grâce et lumière; Mais cette jeune ardeur guerrière Qu'on voyoit sortir de ses yeux Le paroit encor cent fois mieux.
Cette épttre est assez remplie.
C'est pourquoy, Princesse acompfie, Digne de respect et d'amour, Jusqu'à dimanche adieu , bon-jour.
mj Les prézens vers furent ourdis En janvier, le neuf et le dix.
LETTRE TROIZIÉME
Du [samedi] 17 Janvier.