‹ La muze historique;Chapitre 184 sur 221 · CRÉDULE · texte numérisé non relu

CRÉDULE

Beau postillon, rare ornement Des campagnes du firmament, Charmant blondin , falot sublime, Autheur des vers, dieu de la rime, Seigneur Apollon , par ma-foy, J'ay maintenant besoin de toy :

Non pas que je prétende faire Rien de haut ny d'extraordinaire, Mais pour m'enflàmer de ton feu Et m'entouziàmer un peu , Car enfin j'ay cette pensée Qu'aujourd'huy ma veine est glacée , D'autant qu'en ce bas élément Il fait froid éfroyablement.

Le moindre rayon de ta flâme Peut m'échaufer le cœur et l'ame, Fais moy grâce d'écrire donc Quelque discours qui, court ou long,

Puisse agréera la Princesse m Pour qui ma plume s'intéresse.

On m'avoit assuré si fort Que monsieur le duc de Beaufort Etoit dans l'hôtel de Vendôme Que je tombay presque en suntAme

2; Quand certain, courant à grands pas, Me vint dire : « Cela n'est pas. »

C'êtoit d'un nouvelliste en proze Que j'avois apris cette choze.

Il fut lors par moy contredit;

jo Mais soudain il me répondit :

« La choze que je vous raporte Estvraye, ou le Diable-Wempocte. »

Me l'ayant ainsi protesté, Je ne fis point dificulté

31 A l'heure mesme de l'admettre

Janvier 1654. — Livre V. Lettre III

Et de luy donner dans ma Lettre Un assez honorable rang ; Mais je me retracte tout-franc.

On m'a pourtant dit , ou je meure, 40 Qu'on n'atend que le jour et l'heure Qu'il doit partir exprés d'Anet Pour se rendre à la Cour tout-net.

4JS

Cette perle des grandes dames, Cette cauze de tant de fiâmes,

45 La duchesse de Montbazon , Qui n'a pour époux au'un grizon, Qui , quand il veut, baize un vizage A oui les Dieux rendraient hommage, Malgré le Ûcheux temps dTiyver,

jo Doit aussi bien-tôt ariver. On dit, et ce bruit continué, Qu'elle est mesrae déjà venue, Et j'ay sceu de Tel et de Tel Qu'on l'avoit vue en son hôtel

1 ; Si grasse, si fraîche et si belle.

Qu'on voit bien que c'est toujours elle. D'autres dizent qu'en vérité Je suis un petit trop hâté ; Que ce rare objet qu'on adore 60 N'est point en cette ville encore , Suivy des Ris et des Amours, Oûy-bien qu'on l'atend dans trois jours ; Mais pour trois ou quatre jours , passe : Ce n'est pas un fort long espace.

6 5 Le prince Thomas, l'autre-jour, Fut, aux jeux de toute la Cour, Déclaré Grand-Maître de France Pour son mérite et sa naissance, Et pour avoir toujours été,

70 Depuis vingt ans, du bon côté.

Je croy qu'une charge si belle Le doit rendre encor plus fidelle.

Dieux! quand on a prêté serment, Le moyen de faire autrement!

7j Pour moy, ce que plus je dézire, C'est que ceux qui de noue Sire Révèrent le royal pouvoir Persévèrent dans leur devoir, Et que ceux qui de son service ,

*9 Par intérêt ou par caprice , Par foiblesse ou bien autrement, Se sont soustraits légèrement, Par un acte de conscience, Pratiquent la récipiscence

85 Pour métré l'Etat en repos Et donner au dieu Mars campos.

Tous les enfans de la Patrie 1

Devraient joindre leur industrie Pour procurer ce bien commun ; 90 Et, certes, quand i'entens quelqu'un Qui, par la malice brutale De sa politique de halle , Voudrait fomenter nos discors, Je croy qu'il a le Diable au corps.

95 Après avoir mis en usage Mainte exhortation trés-sage, Enfin, messieurs du Parlement Travaillent, dit-on, vivement Au procez de monsieur le Prince, 100 Qui, sans doute, les dents en gnnce, Et qui toujours a le cœur dur, Tant à Rocroy comme à Namur; Mesme on dit qu'il est à Bruxelle , Où (ne faut point que je le cèle) 105 Deux honnêtes marchands d'Anvers M'ont dit en proze , et non en vers , C'est-à-dire en termes vulgaires , Que les Flamands ne l'aiment guéres, Et qu'ils prizeroient aujourd'huy 1 10 La paix cinq cens fois mieux que luy. D'ailleurs, monseigneur le duc Charles Le traitera toujours en Charles ; L'Archiduc , qu'il vainquit à Lens, N'aura pour luy que des soins lents, 115 Et le brave Fuensaldagne , Véritable Espagnol d'Espagne , N'aura jamais grande chaleur ' Ny pour luy, ny pour sa valeur, Ayans eu déjà, ce me semble, 120 Deux ou trois démêlez ensemble.

Hâl prince que j'aimois d'amour, Si, par un sincère retour, Tu voulois écarter l'orage Qui te menace d'un naufrage, 12s Secouant le joug Espagnol Et quitant monsieur Léopol , Tu serais après , je te jure , Cent fois en meilleure posture ; Mais, ce qui nous perce le cœur ip D'un trait plain d'amére rigueur, C'est que, pour molester la France, Tu fois, ce dit-on, alliance Avec le seigneur Crommûel, Ce royaliciae cruel m Qui contrefait sur la Tamize Jozûé, David et Molze, Le Mahomet, l'homme de bien, Mais qui n'est qu'un. . . Je m'entens bien

On m'a dit , pour choze certaine ,

La Kizc msToa

.*» Que b Cour n'est plus 1

OèPonal^

Avant que Pavoirl

Maïs en cet iflatre <

Dont tant de 1

Ce valo

S'estsofcmsài

Sat ■onr, fca ajrtside îoye

(^pkanchMideraB^t,

Ou est beaux loms d'or comptant ,

Ne me léjuufiUKUt pas tant.

Qaoy que les Eus de Hobnde le aveuiou grande Contre k tripk Protecteur, Cy-devant leur persécuteur, Renandot «fit daos sa Gazette Que lenr pan est conclue et faite; Mais la moitié do N'en v midi ou pas lever la

Le mtqm <fa Pfcaa-Bgére, Généreux en toute manière, Et oui dés long temps sert le Roy En bomme de cœuret de fay, A mît an Roy la révérence; Pois fl a vu Son Emmener Depuis on )oar on depms deux.

Et l'on (fit qu'A fat receo d'eux De la façon qu'on k doit être Quand on a bien •crvy son maître.

Mais qui ne ferai point d'état De ces vrays serviteurs d'Etat?

Pirateurs dizent en cette vifle

^-e. — Janvier 1654-

Qie madame de LongiievilVc

Ayant

de grands

Del

run destin plus doux Par k congé de son époux. Rien maintenant ne my peut pfaÉe A Pégad <Pun fieu soïtaire,

.s, Vodbmt mater en cecy Madame de Montmoraocy, Qm'pàk un nmBieur bien rude Eagaçea dans la soGtnde, Et qn trouva dans un content

19» (Oè Ton s'enraye assez sou feu) Des consolations si ebéres ,

Qk dans cet aoéabk lieu EÙe a bény mflk fob Dieu D'avoir embrassé cette vie, D'un saint repos toujours!

Et qui d'ordinaire pi omet Aux belks âmes rfeOeai Uitepaix encor pou profonde Dans les douceurs de l'antre 1 Oà, auand nôtre corps sera froid, •*. t tout droit!

Princesse sage, bonne et bêle, Je ne sot si cette nouveBe Dont je mis ky mention Aura vôtre aprobation ; Mandes personnes de mérite Assurément me Pont écrite.

Fait k dix-

Ayant mangé d'un 1

Janvier 1654. — Livre V. Lettre IV.

LETTRE QUATRIÈME

Du [samedi] 24 Janvier.

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