V. Lettre XXVI
Du nouveau pasteur de Valence ,
19s Qui fit un sermon , ledit jour, Dont il ravit toute la Cour.
De Sedan, cette Cour royale, Qu'en splendeur aucune n'égale, Durant cette chaude safaon
aoo Est venue gîter à Mouzon , Où je pense qu'elle est encore, Ou si c'est ailleurs, je l'ignore :
Car j'ay bien-là quelques amis, Qui m'ont assez souvent promis
ioj Qu'ils me feraient, du moins, la grâce De me mander ce qui s'jr passe; Mais , ma foy, ces messieurs de Cour, Comme ils n'ont pas beaucoup d'amour Et ne songent qu'à leur fortune,
aïo Ne m'écrivent nouvelle aucune.
Or, comme la pluspart des gens * Qui prennent des soins diligens De recouvrer mes bagatelles Ne le font pas pour les nouvelles ,
ai s Mais bien pourvoir dans chaque écrit Les caprices de mon esprit , Je ne me mets pas fort en peine D'en rechercher chaque semaine ; * Tels soins me sont indifférens,
i3o Quand elles viennent je les prens, Si je puis, je m'en acommode.
Voilà donc quelle est ma métode , Et , pourvu qu'à tors et travers Je rime environ deux cens vers
«j Pour vous offrir chaaue dimanche Quand on vous met aes bouts de man- O Princesse que j'aime bien ! [che , Je jure foy dTiomme-de-bien, Lors-que vous êtes satisfaite ,
*}o Que c'est tout ce que je souhaite.
Ecrit, après mon chapelet, Le quatre du mois de juillet.
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La Muze historique. — Juillet 1654.
LETTRE VINGT-SEPTIÈME
Du [samedi] 1 1 Juillet.