‹ La muze historique;Chapitre 207 sur 221 · V. Lettre XXVIÎ · texte numérisé non relu

V. Lettre XXVIÎ

Là-ckssus j'ay dit : Ergo glu.

Cet homme digne d'un cantique, Ce libéral, ce magnifique ,

ijj Cet amateur des bons esprits, Dont l'on rendoit par tout Paris Tant de glorieux témoignages Eirle métant au rang des sages, Enfin le prézident Larcher,

140 Aux gens-de-bien toujours si cher, Et vrty serviteur du Monarque, Jeudy sucomba sous la Parque, Ce qui cauza bien des douleurs Et ist verser beaucoup de pleurs :

us Car pour sa vertu sans seconde Gai estimoit fort dans le monde.

Certes , je n'ûs jamais l'honneur De connoître ce bon seigneur ; Mais on m'a fait de si beaux contes

ijo De ce grand prézident des comptes, Que j'ay crû , sur la foy d'autruy, Que je devois parler de luy, M son beau renom que j'admire Méfait jyger qu'on ne peut dire

1 $ f De luy trop d'excellens propos.

Dieu le mêle ea son saint repos !

Leroy de la Grande Bretagne Partit d'ity pour Allemagne Justement vendredy matin ,

160 Afin de voir si le destin, Dont il détecte l'injustice, Ailleurs luy sera plus propice.

Il êtoit. c« m'a-t'on conté , Passablement bien escorté;

16s J'ûsse bien voulu voir moy-mesme Cet héritier d'un diadesme , Ce Prince d'esprit sage et doux , Quand il passa devant chez nous, Car je le plains et je l'honore;

170 Mais, hélas! je dormois encore.

Jeudy, Sadke Majesté Vid l'incroyable nouveauté D'un certain canon ou machine D'invention subtile et fine ,

17J Qui , sans le cKarger qu'une fois, Et non quatre, ny deux, ny trois, Tire cinquante coups de suite , Tant elle est rarement construite, Et mesmement dix d'un seul coupt

180 Choze qu'il admira beaucoup, Et par un obligeant langage Loua l'ouvrier et l'ouvrage,

La Muzb historique. — Juillet 1654.

Et cet ouvrier est, ma-foy, Le Couvreux, armurier du Roy,

185 Homme pour servir sa patrie Remply d'esprit et d'industrie , Et qui peut passer bien et beau Pour un ArCniméde nouveau ; Mais je ne sçay si ce rare homme,

190 Quoy que cy-dessus je le nomme, Est çrand et gras , gros ou menu , Car il n'est pas de moy connu.

On a, mais avec peu de perte , De Stené la tranchée, ouverte,

i9î Illec, le marquis de Fabert Aucun petit moment ne perd Pour voir cette place réduite Par son grand courage et conduite.

Nôtre Monarque glorieux

200 Se porte souvent sur les lieux Pour, par sa prézence royale,

Inspirer Tardeur martiale

Dans Je cœur de nos assiégeant,

Qui la pluspart sont braves gens.

205 Les assiégez , loin de se rendre, Ne songent qu'à se bien défendre; Mais plus ces gens se défendront, Plus les ait aquans parviendront, Ayant d'eux obtenu victoire,

210 Sa un plus haut degré de gloire.

O Princesse. à qui de mon ait Je fais tous les dimanches pot!

Ces vers écoulez de ma veine Passans deux cens et la douzaine, 21) Vôtre Altesse me peçuétra De ne point passer plus ultra.

L'onze dit mois j*ay fait j'ourage, Sans avoir pris aucun brûvage.

LETTRE VINGT-HUITIÈME

* Du [samedi] 18 Juillet.

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