‹ La muze historique;Chapitre 28 sur 221 · I. Lettre XX · texte numérisé non relu

I. Lettre XX

Le discord bientôt n'en détale, Auquel en toute place et lieu On dira volontiers adieu.

Lesdhs sieurs députez d'églize Ont encor cette charge prize De suplier Sa Majesté De mettre en pleine liberté Le cadet infirme et débile De madame de Longuevilie.

Etant, comme il est, de leur corps, Ils veulent faire leurs éforts Pour que l'on traite sa personne Ainsi que l'équité l'ordonne, Et selon les loix et statuts De leurs anciens instituts.

Cet archevesque illustrissime, Eloquent, sçavant, et qui prime En cette députation, A tout-à-fait intention De bien contenter ses confrères, * Et par discours beaux et sincères Montrer qu'en sa captivité On voit quelque sévérité.

La Noiron, dont la populace Avoit publié la disgrâce Par un raport faux et malin, Se marie au sieur Ivelin, Jeune médecin chez la Reine; Et comme elle est toujours mal-seine, Il sera, luy tâtant le poux, Son médecin et son époux.

Boyer, expert en amouretes,

Soi luy disoit souvent fleuretes, âis ne conclûoit rien jamais , Poura bien chercher dezormais Quelque autre fille qui l'écoute, Car celle-cy fait banqueroute Non seulement à ses caquets , Mais à tous messieurs lés coquets.

Cromvel, d'estoc et de taille Ayant livré grande bataille Aux Ecossois près d'Edimbour, Où l'on combath tout un jour, Les défit à plate-coûture; Et par cette déconfiture Les afaires du nouveau roy Sont en si piteux dezarroy, Que dans l'Ecosse et l'Angleterre Voilà la royauté par terre.

Pour plâtrer tant soit peu nos maux,

On a fort la paix de Bordeaux, Où la cour, ainsi que l'on conte, Ne trouve pas trop bien son compte.

37$ Les députez, comme discrets, Ont £ut des articles secrets ; Mais je croy que je seray sage De n'en parler pas davantage :

Le temps nous les révélera,

iSo Puis tout le monde en parlera.

— Octobre 165a.

Maintenant je ne puis que dire Sinon qu'à l'Estat je dézire Un acommodement total , Et que Dieu prézerve de mal , Tant en paix au'en guerre avilie , La princesse de Longueville.

Fait, après avoir bien dormyv Le matin du jour Saint-Remy.

LETTRE VINT-UNIÉME

Du [samedi] 8 Octobre.

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