OBLIGEANTE
Dimanche, par un heureux sort, Qui me plût et m'obligea fort, Je vis au parloir Vôtre Altesse , Et j'ûs l'honneur et l'allégresse
5 De sentir au fond de mon cœur Tout ce qu'une aimable grandeur De respect et de joye inspire, Quand on la voit et qu'on l'admire; Oûy, je fus touché de l'aimant
10 De ce caractère charmant Qui parolt et brille sans cesse Au front d'une auguste princesse:
Aux champs, à la ville, en tout lieu, Vous possédez ce don de Dieu ,
1 $ Et l'on voit en vous tout le lustre Que doit avoir un sang illustre.
Prés de vous, et pour vous servir, Je vis deux objets à ravir, Deux vives sources de lumière
20 De beauté rare et singulière , Dont l'une, avec son en-bon-point, Me parût blanche au dernier point, Et l'autre si fraîche et si belle, Que , vous voyant si proche d'elle,
25 Je crû d'abord, foy dechrestien, Que c'êtoit vôtre ange-gardien.
Mais laissons-là ce beau chapitre , Et déduizons en cette épttre Ce que j'ay sceu depuis ce temps
90 De pluzieurs et diverses gens.
Celle qui par l'hymen aspire De parvenir droit à l'Empire Et d'en être maltresse un jour * Est; dit-on, assez mal en cour; 5$ Mais les gens que j'y tiens à gages. Et qui, pour de pareils messages, Ont bons apointemens de moy, Ne m'ont pas mandé le pourquoy.
Le grand-maltre d'artillerie, 40 Qui bien souvent est en furie (Car il a le sang prompt et chaud), S'étant plaint mainte-fois fort -haut De Féminence Mazarine , Et sa langue un peu trop mutine as Le respect n'ayant pas gardé , De mauvais œil est regardé , Et c'est un bruit assez vulgaire Que la Reine ne l'aime guère.
D'Angleterre le parlement
(o A fait mourir cruellement, Au grand regret de tout le monde, La fille treizième . ou seconde , De leur feu roy Charles Stûard , Que Dieu vangera tôt ou tard ,
n Laquelle ils ont empoizonnée, Pour tarir d'autant sa lignée.