‹ La muze historique;Chapitre 43 sur 221 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

Quoy qu'une infinité d'honnestes gens lizent avecplaizir nostre Muze Historique, et qu'elle soit receue agréablement de tous Us curieux de l'Europe, rien ne l'a jamais tant fiatée que de sçavoir qu'elle avoit l'honneur de plaire à Vôtre Majesté, qu'EUe s'en diverûssoit de temps en temps, et qu'EUe parloit quelquefois assez avantageusement d'elle. Certes, j'ay toujours cru , Madame, que vôtre aprobation, qui m'est bien glorieuse, est une bénédiction dont le Ciel a roula recompenser le télé que j'ay ois pour la prospérité de vitre Régence, et la juste aversion 'que j'qy toujours eue pour les ennemis de vitre cour royale. Ces lettres en vers, que pour la deuxième fois je fais métré en lumière, en sont autant de visibles preuves. Et c'est ce qui m'a fuit prendre la liberté, Madame, après en avoir dédié la première partie au meilleur et plus victorieux des Roy s, d'en consacrer la seconde à la plus grande et plus sage Reine de l'univers. Au reste, Madame, comme nôtre Muze vous est déjà trés-obligée , je ne mets point cet ouvrage aux pies de Vôtre Majesté pour en atirer de nouveaux bien-faits , mais par une juste reconnoissance, que j'ay commune avec tout l'Estat, dont toutes les ornes raisonnables sont trés-persuadées que vous l'avez conservé par vos soins, par vôtre prudence à discerner les bons conseils, et par tes grâces de Dieu, que vos saintes prières en ont si souvent obtenues. C'est une obligation, Madame, que vous auront à jamais les François, outre celle de nous avoir donné, en la personne du Roy, un très-bon, très-vaillant et trés-heureux monarque, et, en celle de Monsieur, un des plus aimables et des plus acomplis princes que la France ait produit! depuis qu'elle est France. Ceux qui auroient assez de science et d'esprit pour entreprendre vôtre éloge, Madame, auroient bien d'autres choses à dire, puis qu'il est tout certain que vous avez des prérogatives qu'on ne voit point aux autres princesses. On aveu des reines pieuzes , des reines charmantes, on en a veu de constantes, de politiques , d'héroïques, et de génèreuus ; or est-il vray, Madame, que vous possédez en un souverain degré ces qualitez illustres, mais vous avez cecy de particulier, qu'on voit peu de femmes dans l'antiquité (ny dans ce siècle) qui se puisse vanter aussi essentiellement que Vous d'avoir esté fille, saur, épouse et mère de quatre des plus paissons monarques de la terre. Ainsi, Madame, peut-on avoir trop de respect, d'estime et de vénération pour une si digne et si parfaite Reine î Et n'auray-je pas sujet d'estrele

pluscontentde tous Us hommes si de ces mesmes belles mains dont Vôtre Majesté a tenu si sagement Us resnes de cette monarchie, Vous daignez recevoir cet abrigi de l'histoire du temps que vous ofrc en toute humilité y •

Madame,

De Vôtre Majesté,

Le tris-humble, tris-obéissant et tris-obligi serviteur,

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