‹ La Mystique d'Al-azzlChapitre 5 sur 11 · VII. —Renoncement au monde {lhyâ\ IV · texte numérisé non relu

VII. —Renoncement au monde {lhyâ\ IV

L'élément «y^ec/?/" de ce degré de perfection consiste à éprouver une certaine aversion pour toutes les choses du monde, en revanche d'un désir

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plus v^litMiieni (les choses du riti\. Il |ir^u|>i)(«o (luocquoli|ue atUchcm<>nt au (uonde, tuais surmonU* par In V(>liéiiiene<> do i'nmour op|t06ë ;il prt^Auppi)«t> aussi la j>oss<»ssion iwlle ou possible des clKises du inonde nuxqm'Ues on r«Mi«>rire. G'tte tMii<>tinn est distimu' de rëiiuijinii etvs<>ritiell<' à Li \»'>inteiice, en ce iju'ii-i il s'a^'it de renoiicor, iiun (mis au [tëohé ou aux t»ccnsion» de jiëi-hé (al-inahzïirfU), mais à «v cjui est liàu* ou jK^rmis {al-muhàfuV) j>ar 1.H loi divine. G'tte ëinotioti est provoquée dans l'àme |).ir une foi vive au jieu de valeur du monde, comparé à la vie future et à l)i<>u. Pour «'veiller eette foi dans li- cœur di-s di'vots, al-(iazz;'ili c>om[)os:i son l>eau Livre du Mi^pris du Monde (Kitâb damm ad-Junyà ; Ihya, III, 138), dont la tliès«» fond.»ment;ile, ess<»ntiellementclirétierine, est un sini|ilc commentaire de la |>;iralN>le évanj^'i-lique (|ui «-omiMin' If royaume du cit-l à la |>i'rle pr«5cieus»' (-'/a//A.XIll, 4."»^. Va, si nomlireux sont les fra;.'inents évanf;éliques qu'il insère en eontirmation de sa doctrine, (ju'il est impossiUe d'en méconnaître la filiation chrétienne : Jésus et Jean-Baptiste s<int souvent présentés comme mtxlMes de ce de;,'ré de p<^rfection, coriformémi'nt à l'iiistoire évangélique {Maltli. VI, 19, 24 ; VII, 26 ; Vlll, 20 ; XIX, 10-24). Le fruit de cette foi vive et de l'élément affectif est le renoncement effectif ou abandon du monde et de tout ce qui l'accompagne ou le suit, non jiour un motif naturel ou humain, mais lùen uniquement par crainte que son amour n'étouffe dans le cœur la fiensée et l'amour de Dieu. Mais. dans ce renoncement effectif, il y a des degrés qu'al-< iazzûli distingue suivant la vivacité et l'énergie de la foi : 1° celui du novice, qui •onsiste à se faire violence jiour mépriser le monde, au([uel son cteur est toutefois fortement attaché ; 2° celui de quiconque renonce au monde de bon gré et sans peine, estimant que son renoncement ne lui retranche que des choses qui ne valent rien ; 3" celui du mystique parfait, qui n'attache aucune importance à son renoncement, tant il est pleinement i)ersuadé que le monde est un néant. A un autre {xiintde vue, cette vertu admet aussi trois degrés : le renoncement au monde, a) pour éviter l'enl-'r, — b) \m\iv jouir des délices du paradis, — c) ou seuhMnent pour oittenir la vision béatifique. Ce dernier de^'ré est le plus sublime: il comprend ceux qui renoncent à tout ce qui n'est pîis Dieu, qui non seulement se privent de toutes les satisfactions licites, (pourvu qu'elles ne soient paa absolument nécessaires à la vie), mais

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vont jusqu'à dt^daigner les délices du paradis, comme méprisables par comparaison avec la beauté de Dieu.

Pour mieux préciser sa pensée, al-Gazzâlî a soin de fixer les limites auxquelles le mystique doit restreindre les indispensables nécessités de la vie, s'il en est à ce deg-ré de perfection : pour aliment, une demi-livre de pain de son {an-nohàla), une seule fois par jour, sans y joindre aucun condiment ; pour vHement, un seul sac grossier, tissé de laine bourrue ou de feuilles de ])almier ; -çowv habitation, n'en avoir aucune et coucher dans les mosqu(''es, ou prendre pour abri une butte de roseaux ou d'argile, dont la hauteur ne dépasse pas six coudées; pour tout ustensile, une seule écuelle de terre, vieille, ébréchée, pouvant servir à tous les usages, puisque Jésus-Christ (al-(iazzâli lui attribue ici l'anecdote de Diogène) jeta son écuelle en voyant un homme boire dans le creux de sa main. Toutefois, ces symptômes extéiieurs et visibles de renoncement au monde ne sont rien, sans les signes spirituels et intérieurs qu'al-dazzâli tient pour la preuve définitive de la sincérité du mystique en ce degré : tristesse pour ce qu'il possède, satisfaction pour ce à quoi il renonce, indifférence aux applaudissements et au mépris des hommes, règne, dans son cœur, d'un sentiment de douceur spirituelle, à propos de tout ce qui se rapporte à Dieu.

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