CHAPITRE XV
De la stigniatisatioPx complète. Première apparition des stigmates sur saint François d'Assise. Des symptômes qui annoncent leur approche. Marguerite Ebnerin. Disparition des stigmates à leur origine. Sainte Catherine de Sienne. Ursule de Valence. Hélène de Hongrie. Hiérouyme Cai-taglio. Liduine. La stigrr.atisation complète. Véronique Giuliani. Jeanne de Jésus -Marie. Élisaheth de Spalheck. Gerlrude de Costen. Jeanne de la Croix. Les stigmates déjà formés disparaissent en tout ou en partie.
On a cru trouver les premières traces de la stigmatisation dans ces paroles de l'apôtre saint Paul : Je porte les stigmates de ^otre-Seigneitr, sans pouvoir, il est vrai, appuyer cette interprétation sur la tradition de l'Église. Il iBst même beaucoup plus probable que l'Apôtre veut parler ici des mauvais traitements qu'il a soufferts au service de Notre-Seigneur. Ce qui rend cette interprétation mystique plus douteuse encore , c'est que dan:r toute l'antiquité chré-
LA STIGMATISATION COMPLÈTE. 203
licniic on ne trouve pas un seul exemple de stigmatisation proprement dite ; de sorte que c'est principalement par là (jue la mystique nouvelle semble se distinguer de l'ancienne. Le premier que l'on croit avoir eu les stigmates est saint François; et cette circonstance doit nous engager à insister davantage sur ce fait^ et à le rapporter ici en détail, d'après les documents authentiques qui nous ont été conserves par saint Bonaventure et d'autres contemporains du saint, afin que nous puissions avoir ainsi une idée compète de ce phénomène.
François partageait sa vie entre l'action et la prière, s. François passant tour à tour de la contemplation la plus sublime ^ assise. au\ œuvres de miséricorde à l'égard du prochain. Afm de méditer plus à son aise, il se retirait de temps en temps sur le mont Alverne, dans les Apennins. Là il jeûna pendant (juarante jours en l'honneur de l'archange saint Michel, abîmé dans la prière et enflammé d'amour. Il fut pendant ce temps favorisé d'extases longues et fréquentes, où, s'enlietenant avec Dieu, il reconnaissait à la fois et son infinie majesté et son propre néant. Il fit la même chose encore deux ans avant sa mort. Et comme il examinait comment il ferait pour suivre à l'avenir la volonté de Dieu, une inspiration secrète lui dit qu'il n'avait qu'à ouvrir les Évangiles, et qu'il y trouverait ce qu'il cherchait. Pour obéir à cette voix intérieure, il se mit donc en prière; puis il se fit ouvrir trois fois par son compagnon, au nom de la sainte Trinité, le livre des Évangiles placé sur l'autel. Aux trois fois le livre fut ouvert à l'endroit où il est parlé de la passion de Notre-Seigneur. Il reconnut par là que Dieu voulait que, de môme qu'il s'était efforcé auparavant d'imiter la Mc de Jésus-Christ, ainsi devait-il désormais l'imiter dans