‹ La mystique divine, naturelle, et diabolique (volume 2)Chapitre 24 sur 44 · DU VOL DANS 1. EXTASE · texte numérisé non relu

DU VOL DANS 1. EXTASE

raconte d'elle touchant le sujet qui nous occupe. Can- (inpré était un homme gra^e et digne de foi, dont nous avons eu déjà souvent occasion de reconnaître la sincérité et le mérite en ces matières. Prévoyant combien les choses qu'il avait à raconter ici paraîtraient incroyables à ceux qui ne sont pas initiés aux mystères de ces régions inconnues, parce que, dépassant le cours ordinaire de la nature, elles doivent paraître impossibles à la raison soumise aux lois de cet ordre, il ne se décida qu'avec peine à les écrire, comme il le raconte lui-même dans l'introduction; mais ces scrupules ne venaient pas en lui d'un défaut de certitude relativement à ces faits merveilleux, il était sûr de ce qu'il disait; car il avait pour témoins de beaucoup de ces faits tous les habitants de Saint -Trond, où ils s'étaient passés. Ils avaient eu lieu non en secret et dans un coin , mais devant tout le monde, et il n'y avait que huit ans que Christine était morte lorsque Cantinpré se décida à les écrire; de sorte que le souvenir en était frais encore. Des choses que personne autre qu'elle ne pouvait savoir lui furent racontées par des personnes qui afiirmaient les avoir entendues de sa bouche. « Qu'on sache bien, ajoute-t-il, que parmi tous les témoins que j'ai consultés je n'ai ajouté foi qu'à ceux qui se feraient plutôt couper la tête que de mentir sciemment. » Il nomme dans son récit, à l'occasion des faits qu'il rapporte, la sœur Iveta, femme très-pieuse , qui vécut avec Christine neuf ans, pendant lesquels le Seigneur fit en elle des choses admirables. Le témoignage de cette femme ne lui arriva pas par hasard; mais il fit, alin de la voir et de la consulter, un voyage long et pénible. 11 nomme encore comme témoin Thomas, d'abord curé de Saint -Trond, puis abbé de l'abbaye du même nom, qu'il

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gouverna avec beaucoup de sagesse de 1239 à 1248 , et qui par conséquent devait très -bien connaître ce qui s'était passé si près de lui.

Mais ce qui Tencouragea surtout à publier ces faits, c'est le témoignage de Jacques de Vitry, évêque d'Acre et cardinal , homme savant et très-digne de foi, qui en avait été témoin oculaire .Voici ce que celui-ci dit en effet, dans sa vie de Marie d'Oignies : a J"ai vu encore une autre femme en « qui Dieu a opéré des choses extraordinaires; car, après a être restée morte pendant longtemps, elle est ressuscitée K avant d'avoir été ensevelie; et Dieu lui a permis de faire « son purgatoire sur la terre. C'est pour cela qu'elle a été (' poussée pendant longtemps par l'esprit, tantôt se jetant ic dans le feu , tantôt restant longtemps dans l'eau glacée » pendant l'hiver, forcée quelquefois d'entrer dans les « tombeaux des morts. Puis, après avoir ainsi fait pénitence « avec une grande paix du cœur, elle reçut de Dieu de telles tt grâces que souvent, ravie en esprit, elle accompagna « les âmes des défunts dans le purgatoire ou à travers les (t flammes. » Denys le Chartreux, qui vécut depuis la fm du xiv« siècle jusqu'à 1471, avec la réputation d'une grande sainteté, a rendu aussi dans ses écrits un témoignage semblable. En effet, dans son livi-e des Quatre Fins dernières, art. oO, il donne un extrait de sa vie: et dans son dialogue du Jugement des âmes, art. 10, il ajoute qu'il est allé souvent à son tombeau, et que pendant qu'il allait à l'école à Saint-Trond il y avait trouvé des personnes qui avaient connu et vu Christine ; enfin , que ses condisciples lui avaient souvent rapporté sur elle ce qu'ils en av:iient entendu dire à leurs parents.

Christine naquit vers lioO, à Saint-Trond ou à

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