‹ La mystique divine, naturelle, et diabolique (volume 2)Chapitre 27 sur 44 · DU VOL DANS L EXTASE · texte numérisé non relu

DU VOL DANS L EXTASE

plantée sur le sommet d'une montagne voisine. Bientôt il s'abîma tellement dans la méditation de la passion du Sauveur que son esprit, élevant son corps, l'emporta devant la croix, où il resta les bras étendus. Là il fut tellement pénétré de la douceur des consolations divines qu'on lisait sur son visage tout ce qui se passait en son àme. De ses yeux, qu'il tenait fixés sur la croix, partaient des rayons très-brillants, dont l'extrémité louchait la croix, tandis que de celle-ci sortaient d'autres rayons d'une admirable clarté qui venaient frapper le saint. On vit en même temps paraître au-dessus de sa tête un nuage d'une blancheur incomparable, qui semblait le couvrir et le protéger. Ce nuage répandait une lumière plus éclatante que le soleil, et, s'étendant jusqu'au pied de la montagne, remplissait d'une clarté merveilleuse non -seulement le monastère, mais toute la contrée. Les frères accoururent pour être témoins de ce spectacle : les uns se jetèrent à genoux , comme Moïse devant le buisson enflammé ; les autres se prosternèrent la face contre terre , comme les apôtres devant Notre-Seigneur transfiguré , sans qu'aucun osât considérer de plus près la merveille que Dieu opérait en son ' seniteur. Ils ne savaient lequel admirer davantage, des rayons de la croix, de l'élévation du saint au-dessus de terre, ou du nuage lumineux qui l'environnait. Après avoir considéré pendant longtemps en secret ce phénomène, ils se retirèrent tout doucement, pour ne point troubler le saint à son réveil. Le nuage se dissipa enfin, et la lumière disparut. Pierre revint de son extase, et retourna à son couvent pour se cacher dans sa cellule. (Sa Vie, p. 528.)

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