‹ La mystique divine, naturelle, et diabolique (volume 2)Chapitre 33 sur 44 · HE LA FACULTÉ DE PÉNÉTRER LES CORPS · texte numérisé non relu

HE LA FACULTÉ DE PÉNÉTRER LES CORPS

la virent pratiquer ses mortifications accoutumées. [Sa Vie, par Pepe, liv. III.) Déjà, à une époque bien plus reculée, il était arrivé plusieurs fois que , les frères étant assemblés à un étage supérieur les portes fermées^ un père, Patermuce, avait paru tout à coup au milieu d'eux. ( Les Vies des Pères , liv. II, c. ix.)

Les faits de ce genre devaient paraître autrefois bien étranges et tout à fait inexplicables , parce que la science n'avait encore aperçu dans le domaine de la nature aucun phénomène analogue capable de les éclaircir. Aussi la science étroite et orgueilleuse des derniers siècles n'a pas hésité à les rejeter tous comme impossibles et comme absurdes, et n'y a vu que l'effet du mensonge et de l'imposture; mais depuis que la physique moderne a trouvé dans l'ordre naturel des analogies avec les faits que nous venons de raconter, et qu'il a été prouvé que la matière est pénétrée quelquefois par la matière , il a bien fallu se rendre à l'évidence, et convenir que l'on s'était trompé par trop de précipitation dans les jugements qu'on avait portés. On connaît les expériences que Berzélius et Davy ont faites, il y a peu d'années, relativement aux courants galvaniques, • et comment ils ont fait pénétrer à de grandes distances des fluides à travers certaines substances. Davy remplit deux bouteilles, l'une d'eau l'autre d'une dissolution de sel, et les mit toutes les deux en rapport par une ligne d'asbeste mouillée; puis il trempa les fils polaires d'une pile galvanique dans le liquide des deux bouteilles, d'où il résulta une décomposition du sel, dont l'acide ou la base passait dans l'autre bouteille, selon qu'on mettait en celle-ci le iil positif ou le fil négatif. L'acide ou la base passait donc d'une bouteille dans l'autre parla ligne d'asbeste. Ce phénomène.

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au reste, devint visible à l'œil lorsqu'au lieu de sel on se servit de nitrate d'argent , et que la ligne d'asbeste se trouva couverte tout du long d'une couche d'argent réduit. Ici le courant galvanique, s'emparant de la substance, la rendait plus active et plus mobile, et après l'avoir entraînée ainsi dans sa propre direction , il la faisait passer partout où il allait lui-même. Le courant magnétique, en elîet, ne peut être arrêté dans sa marche ni par l'impénétrabilité ni par les affinités de la matière. Or il communique cette même propriété à la substance qu'il a rendue fluide, et il parcourt les fluides sans obstacle avec elle. On peut même supposer avec raison qu'à un degré plus élevé d'intensité il lui ferait traverser également les solides; mais lors même que ce degré d'intensité n'existerait pas dans la nature , on ne peut du moins le refuser à Dieu. L'esprit divin, en effet, est le principe de toute force, et la force la plus haute qui existe. Le courant qui part d'elle est le plus rapide, le plus pénétrant que l'on puisse imaginer : aucune créature ne peut s'opposer à son passage. C'est lui qui donne à toutes les forces créées leur énergie, de même que celles-ci communiquent à la matière qu'elles animenttoute sa vertu. Lors donc que l'esprit d'en haut s'empare d'un homme, et l'entraîne dans la direction de son courant, il l'emporte avec lui vers le but qu'il se propose, sans s'inquiéter de la résistance que la matière oppose à la partie matérielle de notre être.

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