CHAPITRE VIII
Explication des phénoniènes lumineux. .Note du traducteur. Du pouvoir de se rendre invisible. Saint Joseph de Steinfeld. Nevelo de Favence. Sainte Bone.
Nous pouvons, d'après tout ce que nous venons de dire, avoir une idée de la manière dont se produisent les phénomènes lumineux chez les saints mystiques. La cause immédiate de l'extase , c'est ce même esprit qui est descendu sur les apôtres au jour de la Pentecôte. Outre l'autorité des saints Évangiles, nous avons encore à ce sujet une vision qu'eut Catherine de Raconisio, lorsque l'Esprit-Saint descendit sur elle. Elle vit une grande lumière qui se partagea en trois rayons, et, se posant sur sa tête, remplit son cœur d'une ardeur singulière et d'une douceur extraordinaire. Une voix forte lui expliqua ce qui venait de se passer en elle, et lui dit : « Je suis venu pour demeurer en toi , pour entlammer ton cœur, pour le puri-
fier, réclairer et l'animer. » Ces paroles la remplirent d'un tel effroi qu'elle tomba sans connaissance. Mais lorsqu'elle fut revenue à elle, son cœur n'était que joie, jubilation et reconnaissance; et elle conserva depuis sur son visage un certain éclat, où se mêlaient la blancheur du lait et la rougeur du sang. (Marchèse, Sacro Diario , c. V.)
L'Esprit-Saint étant un acte pur, quand il veut s'emparer d'un homme, il le prend par ce qu'il y a de plus actif dans la partie la plus spirituelle de son être : il l'anime de son souffle, et le réchauffe de son feu. L'homme se trouve ainsi comme enveloppé dans cet immense courant, qui va de Dieu au monde , et il sent son énergie accrue d'une manière merveilleuse. Mais ce feu que l'esprit de Dieu communique à l'esprit de l'homme est un feu tout spirituel, qui, allumé à la lumière éternelle de la Divinité, pénètre la créature et la transfigure en quelque sorte. Or, comme en raison du lieu qui unit si intimement le corps et lame, il ne peut rien se passer en celle-ci qui ne se reflète en celui-là, cette transfiguration que l'àme éprouve doit se communiquer au corps jusqu'à un certain point; et comme celui-ci est en rapport avec la nature physique, de même (juc l'esprit avec la nature spirituelle, la première doit fournir aussi une lumière matérielle qui corresponde à la knnière spirituelle de l'àme. Mais entre ces deux lumières il en est une troisième, dont la source est dans le corps hii-même, à savoir la lumière organique. Cette lumière \ivanle, excitée aussi par cette action surnaturelle del'Esprit-Saint, devient plus rapide et plus brillante, et, pénétrant les organes avec l'impétuosité de l'éclair, elle les traverse comme un pur cristal, de sorte qu'ils deviennent
comme dissous dans une eau claire. C'est pour cela que les sens extérieurs ne peuvent en soutenir l'éclat. Cette lumière en général est blanche , parce que le blanc exprime une clarté pure et sans tache. Cependant elle paraît rouge quelquefois pai' exception ; car la lumière rouge est parmi les lumières colorées la plus chaude et la plus rapide. G" est ainsi que les sœurs du couvent de Sainte-Claire à Ferrare virent un jour à Noël sainte Catherine de Bologne environnée d'une lumière qui ressemblait à une flamme rouge ; de sorte que personne ne pouvait fixer les yeux sur elle. Leur surprise fut d'autant plus grande que la sainte, par suite de ses maladies et des fréquentes pertes de sang qu'elle avait faites, avait un teint jaune brun. Elle répandait en même temps un parfum délicieux, que l'on ne pouvait comparer avec rien de terrestre en ce genre, et qui la suivait partout où elle allait. (Sa "Vie par Paleotti, c. V, 50.)
Loi^que l'esprit d'en haut, s'emparant de l'esprit de l'homme, produit en lui un plus grand développement de lumière , à son action surnaturelle et divine répond de la part de l'homme une réaction plus ou moins puissante, par laquelle l'esprit de l'homme réagit d'un côté contre l'esprit de Dieu , et le corps contre les influences cosmiques qui le sollicitent. La manière dont s'accomplit l'acte de la respiration peut nous donner une idée du mode d'après lequel s'exécute cette action divine et cette réaction de l'homme. Il \ a dans l'atmosphère qui nous entoure un double élément, et, par suite, un double rapport avec l'organisme; car c'est elle qui donne au corps, inerte par lui-même, d'une part le mouvement organique, et de l'autre la chaleur qui constitue la vie. Mais le corps ne peut s'approprier
ces deux éléments que par une double réaction, et c'est ce qu'il fait dans l'acte de la respiration. Lorsque l'esprit de Dieu élève l'homme à l'état mystique, et développe en lui d'une manière extraordinaire la lumière organique, il ne fait que continuer cet acte primitif, par lequel il souffla dans le premier homme une âme vivante. Cette âme, à l'origine, illuminait le corps où Dieu l'avait enfermée; et les célestes reflets qu'elle projetait sur son enveloppe ne disparurent qu'après le péché. Mais la rédemption opérée par le Christ a raflumé le foyer de cette lumière intérieure ; et, quoiqu'elle soit versée d'une manière surnaturelle et dans les plus hautes régions de l'esprit, cependant le mode d'après lequel elle est communiquée a beaucoup d'analogie avec le procédé de la respiration , et exige , comme celui-ci , une réaction de la part de l'homme à l'égard de l'action divine. Quoique ces apparitions lumineuses soient, dans leur origine, du domaine surnaturel, cependant elles suivent dans leur cours les lois qui régissent tous les autres phénomènes de la vie.
Au reste, ce rayonnement de lumière n'est point étranger non plus au domaine de la nature, comme on le voit en certains poissons électriques qui lancent et projettent au loin par des décharges électriques le fluide nerveux dont ils sont pleins. Il y a également des hommes chez qui la lumière organique qui gît dans le système nerveux est tellement abondante et tellement rapide qu'elle pénètre les organes et se manifeste au dehors, particulièrement dans les yeux, dès qu'ils sont excités vivement par quelque objet intérieur ou extérieur. Ce qui distingue cet état des ifluminations mystiques, c'est que celles-ci peuvent se produire chez tous les hommes, sans qu'ils aient besoin pour
cela de quelques dispositions naturelles; et il suffit pour les développer que la grâce de Dieu, qui en est la cause principale, trouve leur àme bien préparée. Mais encore une fois, quoique surnaturelles dans leur principe, elles semblent naturelles dans leur cours, et l'on peut connaître jusqu'à un certain point, parla manière dont elles se produisent, par la partie du corps qu'elles affectent de préférence, par la forme sous laquelle elles se montrent, quelle est dans l'organisme la partie où ce fluide lumineux s'accumule d'une manière particulière, et qui lui sert de foyer.
Note du Nous croyons nécessaire de donner ici quelques éclaircissements, afin d'expliquer ïapensée de l'auteur, assez obscure sur cette matière et difficile à saisir. Le lecteur ne doit pas perdre de vue la division très-importante que nous avons indiquée dans l'introduction de cet ouvrage , et qui domine le livre tout entier. Nous n'hésitons pas a la reproduire, parce que c'est ici surtout qu'elle trouve son application. L'homme, ce petit monde, comme l'appelait déjà l'antiquité, porte en son être l'image et comme l'abrégé de ce vaste monde, oh il semble perdu comme un atome. De même qu'en celui-ci on distingue le soleil, la terre et F air situé entre les deux, ainsi trouve-t-on dans l'homme trois régions, l'esprit, le corps et l'àme, et en chacune de ces régions trois parties dans lesquelles chacune d'elle se subdivise. Nous ne nous occuperons ici que du corps, parce que c'est lui dont il s'agit principalement en ce moment.
Le corps porte aussi, dans l'ensemble des systèmes qui le composent, l'image et le rejletdu monde. Le cerveau, organe de l'esprit pour les^^îo^timi'ëe 'Jtipenséê,y fait les fonctions du soleil./ha^Kmi y est représentée par "les systèmes
infcrieim, et l'air par ceux de la ref^piration et der> mouvements volontaires. Le soleil est, d'après l'opinion la plus commune aujourd'hui parmi les savants , un corps opacfie par lui-même. Il n'est ni la source ni le foyer de lalumière, mais il est simplement une sorte de machine électrique qui, mise en mouvement par une main invisible, projette au loin le fluide lumineux qui V entoure. Autrefois, lorsque la science Hait chrétienne, on n'hésitait pas à placer dans une intelligence supérieure la cause de tous les mouvements, et particulièrement de ceux des corps célestes, et nous croyons que sous ce rapport on était bien plus dans le vrai qu'aujourd'hui. Nous plaçant donc au point de vue de cette science, et admettant comme certaine l'intervention des anges dans les mouvements des corps célestes, nous pouvons nous représenter le soleil comme mû par une intelligence céleste, et projetant ses rayons lumineux à travers l'atmosphère sur la terre, ciu'il éclaire et vivifie à la fois. Or l'esprit est relativement au cerveau, son organe, ce qu'est au soleil l' intelligence qui le met en mouvement , avec cette différence toutefois c^u'il y a dans l'homme une union hypostatique entre l'âme et le corps, tandis qu'il n'y a entre le soleil et Vancje qui le conduit fjue le rapport qui existe entre le moteur et l'objet qui le met en mouvement.
Le cerveau est l'image du soleil, non-seulement par la position qu'il occupe dans le corpjs humain, mais encore par les fonctions qu'il y remplit. En effet, c'est lui qui est le point de départ du système nerveux tout entier, et le foyer de ce fluide vital, si subtil, si délié, si pénétrant, que l'on désigne sous le nom de fluide nerveux , et cpii est très-probablement identique avec les fluides lumineux, électrique et magnétique. Le cerveau, dans sa partie la plus haute et la plus rappro-
chéc de l'esprit, si l'on peut s'exprimer ainsi, est donc, comme le soleil, un instrument qui développe de la lumière; et cette lumière est celle que l'auteur désigne sous le nom d'organique. Les organes intérieurs du coiys humain étant diaphanes pour elle, comme l'air pour les rayons du soleil, ils sont invisibles pour nous, de même que l'atmosphère qui nous entoure. Et d'un autre côté, cette enveloppe extérieure, qui renferme tous les systèmes de l'organisme , et que l'on appelle proprement le corps, étant opaque, absorbe, pour ainsi dire, tous les rayons de cette lumière vitale, et se pose comme une barrière infranchissable entre nous et les autres hommes, protégeant contre leurs regards curieux les mystères de la vie qui s'accomplissent au fond de notre organisme.
Ainsi, par deux raisons opposées, ni nous ne voyons ni les autres ne voient ce qui se passe en nous. L'opacité de notre coiys le rend visible pour nous et pour les autres , et rend invisibles les organes qu'il renferme, de même que celle de la terre nous la rend visible, et nous cache en même temps les secrets quelle révèle en son sein. Mais si l'on suppose d'un côté, pjar suite d'une surexcitation du cerveau, un développement plus considérable et une perfection plus grande de la lumière organique, et de l'autre une enveloppe plus fine, plus déliée, plus ténue, effets que produit souvent, nous l'a- V071S vu, l'ascèse chrétienne, il n'est plus étonnant dès lors que le fluide lumineux organique, lancé avec plus de force et n'étant plus arrêté par le corps, que l'habitude des vertus chrétiennes a discipliné et spiritualisé en quelque sorte, il n'est plus étonnant que ce fluide soit projeté à l'intérieur, et prenne une fot^ne soisible. On compjrend que le cerveau étant le foyer et le point de départ de la lumière organique, c'est
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surtout à la tète et dans les parties qui l'avoisinent qu'elle doit se manifester plus souvent, et c'est ce que prouvent aussi les faits qui ont été cités p^lus haut.
Si rhomme clevé à l'état mystique pouvait retenir cette De la faculté vertu qui se répand autour de lui malgré lui, et qui le rend rendre mvisible pour les autres; s'il pouvait la ramener à soi et la ^'^siblc. concentrer comme en un foyer, il pourrait par là même , pendant le temps que durerait cette concentration, se soustraire aux regards des autres hommes. On raconte plusieurs faits à ce sujet dans les vies des saints, mais ils ne sont ni assez nombreux ni assez authentiques pour nous donner une certitude entière. On rapporte par exemple, dans la vie de saint Hermann Joseph de Steinfeld, que pendant qu'il S. Joseph de écrivait son explication du Cantique des cantiques, il s'était ^^^'''^''^^• retiré dans un lieu solitaire, afin de n'être point dérangé. Là, s'abandonnant à son attrait, il fut bientôt saisi par l'esprit; de sorte que, sans égard pour la faiblesse de son corps, il oubliait de venir à table pour manger. Si les frères allaient le chercher dans sa solitude, et ne le trouvaient point à la place où ils savaient qu'il devait être, ils exprimaient en termes quelquefois assez durs leur impatience et leur désappointement. Plus tard, lorsque le saint les rencontrait, il leur rappelait les paroles qu'ils avaient dites, les reprenant avec douceur de leurs mouvements d'impatience. S'ils lui demandaient comment il avait pu, étant absent, entendre ce qu'ils avaient dit, il leur répondait : « Ce n'est point d'un autre que je le tiens, mais je l'ai entendu moi-même de mes oreilles; abstenez-vous donc à l'avenir, je vous en prie, de ces sortes de choses. » Il lui arriva ainsi plusieurs fois de n'être point vu, quoiqu'étant présent.
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Comme il était très -lié avec le frère qui servait au réfectoire^ il s'y était choisi un endroit où il pouvait se li- Arer à la méditation sans être dérangé, après le dîner pendant l'été, et après le souper pendant l'hiver. Souvent le frère, quand il fermait les portes, ne le voyait point; de sorte que tantôt il était très-étonné de ne point trouver celui qu'il croyait y avoir laissé, et tantôt, au contraire, il était non moins surpris de l'y voir, le croyant ailleurs ; car la porte ne pouvait être ouverte par dedans. Un jour donc, comme il allait la fermer, et qu'il ne le voyait pas^ pensant qu'il pouvait bien être là comme les autres jours, il lui cria : « Frère Joseph, si vous êtes ici, montrez-vous pour que je ne vous enferme pas. » Joseph se tut. Comme le frère s'en allait et mettait la clef dans la serrure, le saint lui dit : « Ne fermez pas, car je suis prêt maintenant à sortir avec vous. « Le frère, étonné, lui dit : « Une autre fois, si vous ne dites rien quand je m'en irai, vous resterez enfermé tout le jour. » Joseph, cherchant à voiler ce qu'il ne pouvait nier, lui dit : « Comment ne m'avez-vous pas vu? j'étais devant vous. » Il arriva souvent que, après que les frères l'avaient cherché longtemps dans tous les coins du couvent, il leur apparaissait tout à coup quand cela lui plaisait, et les jetait dans un étonnement profond. (Sa Vie, c. IX, 30.) Nevelo ^^" raconte la même chose du bienheureux Nevelo, de Favence. Franciscain à Favence, mort en 1280. Il avait coutume de prier longtemps dans une église du lieu, dédiée à saint Pierre, de sorte qu'à la fin on voulut l'en chasser. Comme on se préparait à le faire, on ne put le trouver nulle part. Mais plus tard , comme on allait à Matines , on le trouva à sa place, les mains levées vers le ciel, selon sa coutume.
[A S., 27 jul.) L'Anthologie grecque rapporte aussi du piètre Lucien, qui souffrit le martyre sous l'empereur Maximien , que lorsqu'il allait dans les rues d'Antioche il était visible pour les uns et invisible pour les autres, selon qu'il le voulait. [A. S., 7 jan.)
Sainte Bone, née à Pise en 11 06, était allée en Pales- SainteBone. tine, où ses parents occupaient de grandes dignités; mais, rougissant de leur fille, ils lui envoyèrent sur le bord de la mer des gens chargés de l'enlever. Elle fut invisible pour eux, tandis qu'elle était vue des autres et parlait avec eux. Plus tard, après son retour dans son pays, il s'éleva parmi les moines de Saint-Michel d'Orticaire une dispute pour savoir qui parmi eux irait à la fête de Saint-Jacques de Podio. La sainte, pour détourner le scandale, parut dans l'église, et leur demanda qui d'entre eux voulait venir à Saint- Jacques. Tous s'excusèrent en disant qu'il était trop tard. Elle leur dit alors : a Et si vous n'étiez vus do persomie, iriez-vous? » Tous, espérant un miracle, dirent qu'ils iraient, et la suivirent. Elle traversa la foule avec eux, sans qu'ils fussent vus de personne. (A. S., 29 mai.)
On voit que dans tous ces faits il y a quelque chose d'incertain, et il est très-difOcile de porter un jugement définitif sur leur authenticité ; ils n'offrent point, sous ce rapport, les mêmes garanties que ceux que nous avons cités jusqu'ici. Mais, en supposant qu'ils soient vrais, il n'y a rien dans ces récits qui puisse nous paraître déraisonnable, et par conséquent inadmissible à notre point de vue. Les esprits et les puissances spirituelles, n'étant point soumis aux conditions de l'espace, sont invisibles à nos sens. Pour devenir visibles il faut qu'ils revêtent un corps, afin (juc les sens puissent les saisir à l'aide du voile qui les re-
comre. Que si, au contraire^ l'esprit veut soustraire aux regards l'enveloppe qui le cache, il faut qu'il la retire à soi, et qu'au lieu de s'en revêtir il la revête en quelque sorte et l'embrasse au contraire; de sorte qu'elle passe pour ainsi dire dans l'esprit, et participe à son invisibilité.
>'ous voyons quelque chose de semblable dans la nature extérieure en beaucoup de cas. Ainsi un corps, avec la même masse de matière, peut être opaque ou diaphane ^ selon qu'il se ferme à la lumière, ou que, lui ouvrant au contraire toutes ses parties, il se laisse pénétrer, embrasser et éclairer par elle. Or plus il paraît opaque, plus il est visible dans sa masse; plus il est diaphane au contraire, et plus il est invisible; de sorte qu'un corps qui serait entièrement pénétré par la lumière serait diaphane et invisible à la fois; car la lumière, l'absorbant et le revêtant tout entier, le soustrairait par là à nos perceptions. Le même phénomène se produit dans des régions plus basses encore avec les autres éléments. L'air, par exemple, dissout l'eau, pour ainsi dire, et la rend invisible. L'eau, de son côté, dissout le sel. Si quelque chose vient à déranger cette dissolution de l'eau par l'air, l'atmosphère se trouble; l'air et l'eau se séparent : le premier se produit sous la forme d'éclairs, et la seconde sous celle de pluie. Il en est de même en quelque sorte du rapport qui existe entre l'âme et le corps. L'àme est cachée sous l'enveloppe du corps, tandis que celui-ci est visible pour les sens extérieurs. Mais si l'homme s'élève à des états supérieurs et extraordinaires, la puissance de l'esprit augmentant, celui-ci tient le corps avec plus de force, le transforme et le spiritualise en quelque façon. Les rapports sont changés : ce
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n'est plus le corps qui embrasse et renferme Tàme, mais c'est celle-ci, au contraire^ qui embrasse et contient celui-là. Cependant, comme l'homme n'est jamais entièrement soumis aux lois de la nécessité, mais qu'il garde toujours son libre arbitre, ce phénomène dépend de la volonté humaine, ou plutôt de l'esprit supérieur qui agit en elle; de sorte qu'il peut comme il le veut, quand il arrive à ce degré de l'état mystique, rendre visible ou invisible le corps qu'il anime.