‹ La Mystique divine naturelle et diabolique;Chapitre 14 sur 64 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Comment l'homme entre dans les voies mystiques. Do choix , de l'initiation et des premiers pas qu'il fait dans ces voies.

Toute mystique a pour but de faire remonter à sa source divine l'âme que le péché en a détournée. Le point de départ de la vie mystique doit donc être cherché à ce point où le mouvement par lequel l'âme s'est éloignée de Dieu s'arrête , et retourne vers lui par un commencement de réaction salutaire. Or tout mouvement qui nous détourne de Dieu est une chute. Tout retour vers lui, au contraire, est une ascension ; et dans ce dernier cas, c'est à lui qu'il appartient de préparer les sentiers, et de donner à l'homme la force et les movens nécessaires. La chute est le fait de la créature : c'est celle-ci, en effet, qui a placé le péché comme un abîme entre elle et Dieu, et produit ainsi une opposition qui , de la part de Dieu , est seulement permise, mais qui de la part de l'homme est voulue d'une manière positive. Le retour de l'âme vers Dieu ne peut avoir lieu si cette opposition n'est levée d'abord. Et d'un autre côté, par un rapport contraire à celui qui s'est produit dans la chute, c'est de Dieu que doit venir l'initiative : c'est Dieu qui

DE L'INITIATION à LA VIE MYSTIQUE. 155

veut, d'une manière positive, ce retour de l'ànie vers lui; et l'homme ne fait que prêter à Dieu le concours de sa volonté.

Toute séparation suppose une puissance, une cause qui, détachant ce qui était uni auparavant, établit entre les deux termes une antipathie intérieure et réciproque. Toute union aussi est l'effet d'une cause , d'une force unissante qui incline l'un vers l'autre, par une sympathie intime, les deux termes qu'elle doit rapprocher. De môme donc qu'à l'opposition de l'homme contre Dieu dans le péché répond en Dieu une opposition contre l'homme , ainsi à l'amour par lequel Dieu attire l'homme dans la grâce doit répondre en celui-ci un amour réciproque. Dans le domaine de la nature extérieure , toute union intime est le résultat d'un attrait, et produit un développement de calorique qui, arrivé à un certain degré d'énergie, devient lumière. De même aussi, dans l'ordre moral, toute union développe comme une douce chaleur vitale qui , parvenue à son apogée , se transforme en lumière. Le contraire a lieu dans l'acte de la séparation. 11 a toujours pour effet le froid de la mort et l'obscurcissement, et l'un et l'autre sont d'autant plus considérables que l'àme s'éloigne de Dieu davantage.

Le mouvement par lequel l'âme se convertit à Dieu est quelquefois lent et progressif; mais d'autres fois aussi il est subit et le résultat d'un coup violent de la grâce. Tantôt F âme, attirée vers Dieu par un attrait toujours plus fort, décrit pour arriver à lui une courbe plus ou moins longue; tantôt, au contraire, elle est comme frappée et renversée par un éclair. Tout dépend de celui qui donne le premier coup et de son bon plaisir. Mais comme à l'action de la grâce doit répondre la réaction de la volonté, les

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