Ï6 de l'initiation a la vie mystique
desseins miséricordieux de Dieu , quoique embrassant tous les hommes, chacun à sa manière, et au degré que Dieu juge convenable, n'ont pas toujours leur effet. Quoiqu'il attire tous les hommes par l'amour; quoique, semblable au soleil , il fasse briller sur tous sa lumière , tous ne répondent pas à ses avances. Et c'est pour cela que, connaissant dans sa science infinie quels sont ceux qui lui prêteront le concours de leur volonté, et ceux, au contraire, qui le lui refuseront , il se tourne de préférence vers les premiers. C'est là qu'on appelle le choix, l'élection, qui est dans cel ordre de choses ce que la conception est relativement à la naissance et à la vie. Ce sera aussi le premier objet de nos études.
Un attrait supérieur, accompagné de je ne sais queJ souffle tiède et d'un certain rayon de lumière qui pénètre l'àmc que Dieu veut s'unir, annonce que le choix a eu lieu, et que cette âme est entrée dans une vie supérieure. Du côté de Dieu , ce choix est parfaitement libre. Mais, comme la coopération de l'homme est nécessaire , et que celle-ci dépend des dispositions de chacun, elle suppose en lui une sorte d'aptitude et comme le génie de la sainteté. Partout, en effet, où il s'opère en nous quelque chose qui n'est pas l'effet de notre action directe, mais seulement le résultat de notre coopération , nous supposons l'existence d'un certain génie particulier. Ainsi, dans les choses philosophiques, la vérité frappe notre esprit de ses rayons ; il s'abandonne à elle, et alors elle l'enflamme et le féconde; et c'est là ce que nous appelons l'inspiration du génie. Il en est ainsi du beau, qui touche notre cœur de ses harmonies. Nous nous abandonnons à son attrait; et s'il trouve en nous quelque chose qui lui réponde, on