‹ La Mystique divine naturelle et diabolique;Chapitre 26 sur 64 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Recueillement des puissances supérieures en Dieu par la prière et la charité. Sainte Rose de Lima. Sainte Catherine de Gênes,

Les puissances supérieures une fois détachées de la nature et d'elles-mêmes, il faut les rattacher à un centre plus élevé, car elles ne peuvent se passer d'appui. Il ne suffit pas que l'homme ne s'appartienne plus à lui-même, il faut encore qu'il appartienne à Dieu, qu'il pense et qu'il agisse en lui et pour lui. L'orgueil une fois brisé, la partie haute de l'àme suit plus facilement ce mouvement d'ascension vers Dieu que lui imprime la mystique , parce que déjà elle tend d'elle-même à monter. Mais il n'en est pas ainsi de bipartie inférieure qui regarde les choses visibles , qui recherche les vérités de l'ordre sensible, et à qui, par conséquent, le mouvement de bas en haut est

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antipathique. 11 faut donc vaincre son opposition. Il faut que tout l'homme intérieur soit en quelque sorte anéanti pour qu'il acquière en Dieu un nouvel être. «Plus l'homme, « nous ditThauler, agit dans le mépris et le renoncement « de soi-même, meilleur il est. Plus il est bas, plus il est « haut; plus il est étroit, plus il est large. C'est le prince cipe de bien des imperfections, quand l'homme agit « trop par lui-même, comme si Dieu ne pouvait rien « faire sans lui. L'homme devrait toujours, recueilli au « dedans de soi, laisser à Dieu la puissance d'agir, et faire « ce qu'il peut, doucement, bellement et simplement, « mais rapporter à Dieu tout ce qu'il fait et tout ce qu'il « dit. Rentre en toi-même, plonge en ton fond, là où « Dieu est présent ; sois là avec tes puissances , tes sens , « ta volonté , tes opérations , et applique - toi à désirer la « très -aimable volonté de Dieu. Si tu n'as pas ce désir, « désire du moins de l'avoir; fais - toi le captif de Dieu, a non à la manière que le monde l' entend, mais d'une « manière essentielle, avec un abandon et une résignation « parfaite; c'est ainsi seulement que l'on prie en esprit. » Lorsque l'homme marche dans ces voies, il connaît Dieu, selon qu'il cesse de se connaître comme premier principe de toute science ; il vit en lui selon qu'il meurt à soi. Dieu règne en lui dans sa gloire, et vit en lui de sa vie divine. Arrivé à ce point , il est saint dans son être , et non plus seulement dans ses œuvres.

Mais pour que ce rapport de l'homme à Dieu s'établisse, il faut que l'homme le désire vivement. Or ce désir se manifeste dans la prière. « Toute prière, dit Rusbroch, con- « siste à dire à Dieu : Seigneur, mon Dieu , donnez-moi « ce que vous voulez , et agissez avec moi selon votre bon

« plaisir. » C'est la prière de Notre-Seigneur à Gethsémani, lorsqu'il dit à son Père: « Père, non comme je veux, « mais comme vous voulez, » et qu'il établit ainsi le fondement de notre salut. Cette prière le détache de la nature et du monde, en soi et autour de soi; elle le purifie en lui faisant sacrifier tout esprit de propriété. Aussi, tous les mystiques ont considéré la prière comme un des moyens s* Rose, ascétiques les plus puissants. Sainte Rose de Lima avait reçu dès son enfance, comme sainte Catherine de Sienne, le don de la prière ; et à peine âgée de douze ans elle avait poussé ce saint exercice à son plus haut degré. Endormie ou éveillée , les yeux de son àme étaient toujours ouverts sur Dieu . Quand elle tissait, cousait; quand elle parlait, mangeait ou se promenait; dans l'église, au jardin, à la maison , dans la rue , partout et toujours , elle se tenait en la présence de Dieu. Et ce qu'il y avait de plus étonnant, c'est que pendant que celte divine présence occupait toutes ses puissances intérieures, ses sens extérieurs restaient libres et dégagés; et, pendant qu'elle parlait intérieurement avec Dieu, elle s'occupait avec aisance des détails du ménage et des choses du dehors, répondait patiemment à toutes les questions qu'on lui adressait, et vaquait à ses occupations avec autant de promptitude et d'attention que ceux qui n'ont rien autre chose à faire. Ses compagnes s'aperçurent plus d'une fois que, lorsqu'elle cousait et qu'elle tirait le fil en haut, en même temps que son bras s'élevait , son esprit semblait aussi s'élever dans l'extase, pour redescendre ensuite à mesure que le bras s'abaissait, sans que la pointe de son aiguille variât d'une ligne. Pendant qu'elle priait, ses sens extérieurs semblaient fermés à toutes les choses qui ne la regardaient pas. On la vit souvent, dans

une église pleine de monde, prosternée dans un coin, près du grand autel, rester immobile des heures entières, les yeux fixés sur l'autel , ne voyant point ceux qui passaient près d'elle et sourde à tous les bruits. Si quelque objet extérieur touchait son œil, elle ne fermait pas même la paupière; car, semblable à l'aigle, elle regardait intérieurement le soleil divin • et était aveugle pour toutes les choses extérieures. Elle était en même temps immobile comme un rocher; et , après un jour entier de prière et de méditation, on la retrouvait dans la même position qu'au commencement. Ainsi, aux quarante heures, elle restait dans l'église comme pétrifiée depuis le matin jusqu'au soir, sans bouger ni rien prendre.

Elle avait coutume de s'enfermer dans son oratoire domestique pour prier, le vendredi matin jusqu'au samedi, quelquefois même jusqu'au dimanche; et elle demandait qu'on la laissât tranquille pendant tout ce temps, quoi qu'il arrivât. Comme on lui en demandait le motif, elle répondit avec simplicité que , pendant tout ce temps , elle était comme immobile, et qu'elle ne pourrait se lever pour aller ouvrir si quelqu'un frappait à la porte. Elle s'était de plus réservé trois heures dans la journée pour prier Dieu, pour lui rendre grâces de ses bienfaits, et honorer l'un après l'autre ses divins attributs, qu'elle s'était fait expliquer par des théologiens habiles , et dont elle distinguait cent cinquante. Elle ne cessait de recommander aux autres la prière, et suppliait son confesseur de la recommander à ses pénitents. Son amour pour la prière était si grand qu'elle invitait à prier et à louer Dieu toutes les créatures, celles même qui semblaient ne pouvoir l'entendre. Dans la dernière année de sa vie, pendant tout le carême, lors-

que le soleil se couchait ; un petit oiseau d'une voix ravissante volait vers sa chambre; puis, se plaçant sur un arbre qui était proche , il attendait qu elle lui donnât le signal de commencer à chanter. Rose, dès qu'elle avait aperçu son petit chantre ailé , se préparait de son côté à entonner les louanges de Dieu, et défiait l'oiseau à cette lutte mélodieuse dans un cantique qu'elle avait compose pour cela. « Commence, cher petit oiseau, lui disait-elle , « commence tes mélodies ravissantes. Que ton gosier plein « de chants les verse en abondance, afin que nous louions « ensemble le Seigneur. Tu loueras ton Créateur, et moi « mon bon Sauveur; et tous deux ensemble nous béni- « rons notre Dieu. Ouvre ton gosier plein de chants, afin « que nos voix se rencontrent doucement dans un can- « tique de sainte allégresse. »

Aussitôt l'oiseau se mettait à chanter, parcourant tous les tons, montant toujours plus haut; puis, se taisant, il attendait que la vierge chantât à son tour. Rose chantait alors les louanges de Dieu d'une voix ravissante. Et, lorsqu'elle avait fini, l'oiseau reprenait le chant à son tour; puis se taisait tout à coup, comme s'il en avait reçu le signal. La vierge recommençait à chanter les ineffables perfections de l'Être divin, tantôt emportée par l'inspiration, tantôt exhalant son amour dans de tendres soupirs, jusqu'à ce que son silence donnât de nouveau à l'oiseau le signal du chant. C'est ainsi que tous deux célébraient alternativement les louanges de Dieu pendant une heure entière, avec un ordre si parfait que, quand l'oiseau chantait, Rose ne bougeait pas ; et quand elle chantait à son tour l'oiseau se taisait et l'écoutait avec une merveilleuse attention. Enfin, vers la sixième heure du soir il s'envolait, comme s'il

eût achevé son travail, pour le reprendre le lendemain.

Le second moyen de purifier cette haute partie de l'âme, c'est la charité , qui inonde tellement le cœur qu'il semble quelquefois qu'il n'a plus la force de se mouvoir, et qu'il en est tout consumé. C'est alors qu'il conçoit un dégoût profond pour tout ce qu'il a désiré ou aimé d'une manière déréglée auparavant. Il s'élève une lutte terrible entre la charité et l'amour humain, laquelle ne finit que lorsque la force de Dieu s'est emparée pleinement de tout ce qu'il y a d'imparfait dans le cœur, lorsque la volonté, privée de toute jouissance spirituelle , même supérieure, se trouve dans un délaissement et un abandon qui la perce de douleur. L'âme, en cet état, chancelle comme dans l'ivresse, cherchant de tous côtés quelques consolations dans ses angoisses. Mais, trouvant qu'elle ne peut poser le pied nulle part, elle prend le parti de se renfermer en soi ; et là, dévorée de plus en plus par les flammes de l'amour divin , elle voit disparaître dans cet immense incendie tous ses troubles , ses agitations, ses imperfections ; et elle sort de là purifiée de toutes ses souillures, comme un métal précieux qui a perdu dans le creuset les scories dont il était mélangé.

Nous pouvons citer comme un modèle parfait en ce s*«Cathegenre sainte Catherine de Gênes. Toute sa vie, depuis son ^e

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enfance jusqu'à son dernier soupir, cette admirable sainte brûla des feux du divin amour; les ardeurs dont elle était embrasée au dedans s'étaient communiquées à son corps, et sa vie tout entière fut comme cette flamme du sacrifice qui s'alluma d'en haut sur un rocher devant Gédéon. Elle dit un jour à quelques-uns de ses amis qui avaient été pendant quelque temps les témoins des ardeurs qui la consu-

niaient : « Ah î si vous saviez ce que ressent mon cœur! » Et comme ceux-ci la pressaient de s'ouvrir à eux davantage : « Je ne trouve , leur répondit - elle , aucune parole « pour exprimer un amour aussi brillant. Tout ce que je « puis dire, c'est que, si une étincelle des flammes quibrû- « lent en mon cœur pouvait tomber en enfer, ce serait aus- « sitôt le paradis; les démons deviendraient des anges, et « les supplices d'ineffables consolations; car aucune peine « n'est compatible avec l'amour de Dieu. » Avec une telle expérience, les écrits de celte sainte doivent être souverainement instructifs sous ce rapport. Elle dit entre autres choses dans sa Théologie de l'amour, 1. 3, ch. 4 : « 0 feu « de l'amour! que fais-tu de l'homme? Tu le purifies de « toutes ses souillures, comme le feu fait pour l'or; et tu « le conduis au ciel , afin qu'il atteigne le but pour lequel « tu l'as créé. L'amour est un feu divin qui , comme le « feu terrestre, échauffe toujours davantage, embrase tout « l'être de l'homme , et ne cesse jamais d'agir pour le bien « de l'objet aimé. Oh! si je pouvais une fois du moins, « avant de mourir, exprimer ce que cet amour me fait « ressentir, conjment il opère en moi, et ce qu'il veut de « moi ; comme il pénètre chaque coin de mon intérieur, et « y verse des joies d'une ineffable suavité ! 11 pénètre le « cœur dans un rayon de flammes; il y consume tous les a amours, toutes les inclinations, tous les désirs, toutes les « jouissances qui l'attachaient autrefois, ou qui pourraient « l'attacher encore aux choses de la terre. Le cœur, cédant a aux mouvements de la charité, se sépare de tout, prêt à « faire tout ce qu'elle exige de lui, et se sent attiré par elle « avec une telle force qu'il s'opère en lui une transforraa- « tion merveilleuse. La créature, saisie de cette manière,

« se laisserait volontiers consumer par les flammes de « l'amour ; car son zèle ne recule devant aucune contra- « diction , quelque grande qu'elle soit. La vue de l'ardent « amour de Dieu pour elle lui cause d'indicibles tour- « ments , et elle ne peut rien souffrir en soi qui déplaise « à son Dieu. Elle dépose donc non-seulement tous ses « défauts, même les plus médiocres, mais encore toutes « ses imperfections et ses habitudes inutiles , sans faire « attention ni aux objections de sa nature sensible ni aux « oppositions du démon , du monde et de la chair. Elle « est protégée et fortifiée contre tout mal de l'âme et du « corps; car l'amour lui donne et des armes et des lu- « mières contre les illusions du démon , contre la perfidie « du monde et son moi plein d'amour-propre et de mé- «chanceté. Aidée de ce secours, elle est plus forte que « tous ses ennemis, parce qu'elle se tient unie à Dieu, « qui est la force de tous ceux qui le craignent , l'aiment « et le servent ; et sa propre nature elle - même ne peut « lui nuire, parce qu'elle est en la main de Dieu et sou- « tenue par sa bonté. »

Sainte Catherine, portant ses regards au delà de cette vie, y contemplait encore l'énergie et les effets de cet amour purifiant ; et c'est sous ce rapport qu'elle considère le purgatoire dans l'écrit qu'elle nous a laissé à ce sujet. <i Je « vois, dit-elle, Dieu tellement disposé à l'égard de l'âme, « que, lorsqu'il la trouve pure comme elle était lorsqu'il « l'a créée, il l'attire à soi avec un amour si ardent que, « tout immortelle qu'elle est, elle pourrait en être « anéantie. De plus, il la transforme tellement en soi « qu'elle ne voit plus rien, ni elle-même ni autre chose, « mais seulement Dieu, qui ne cesse de l'attirer et de

« l'embraser, jusqu'à ce qu'il l'ait ramenée à sa pureté « primitive et à l'être d'où elle est issue. L'âme , sentant « donc , dans cette autre vie, que Dieu l'attire ainsi à elle « avec de telles ardeurs , est d'abord attendrie par cette « charité qui l'inonde, et elle s'y écoule tout entière. Mais « comme elle voit qu'elle ne peut suivre cet attrait, à « cause du péché qui la souille encore >*et qu'elle coince prend d'ailleurs combien il est affreux de se trouver « exclu de la vision de Dieu , elle conçoit un vif désir a d'être débarrassée de cet obstacle ; et c'est cette vue qui, « à mon avis, est la source des peines que les âmes en- « durent au purgatoire. Et ces peines, quoiqu'elles soient « très-grandes , sont moindres cependant pour elle que le « sentiment pénible qu'elle a des obstacles qui s'opposent « en elle à la volonté de Dieu et à son très -pur amour. « Mais je vois des rayons et comme des flammes sortir de « cet amour de Dieu , et pénétrer les âmes avec une telle « énergie et une telle impétuosité qu'elles en seraient « anéanties, s'il était possible; car ces rayons ont un « double effet : ils purifient l'âme et la simplifient. Con- « sidérez comment le feu naturel purifie toujours da- « vantage ce qu'il consume; de sorte qu'il pourrait arri- « ver que toutes les souillures qui y sont mêlées en fus- « sent enlevées complètement. Or l'âme peut bien être « anéantie en soi, mais non en Dieu; et plus elle se net- « toie , plus aussi elle est anéantie en soi, et pure et sans « tache en Dieu. Le feu ne peut plus rien sur l'or à vingt- « quatre carats, parce qu'il n'y trouve plus rien à retran- « cher. Ainsi, Dieu tient l'âme dans son feu divin, jusqu'à « ce qu'il ait consumé toutes ses fautes et ses imperfections, « et qu'arrivée elle-même à vingt-quatre carats, parfaite-

« ment pure et n'ayant plus rien de soi, elle se trouve toute « transformée en Dieu. Elle n'est plus désormais sujette à « la souffrance, parce qu'il n'y a plus rien à consumer en « elle. Si en cet état de pureté elle restait encore dans « le feu, elle n'en souffrirait aucunement; les flammes « seraient le ciel pour elle et la vie éternelle sans aucun « mélange de déplaisir. » (Traité du Purgatoire. )

Le troisième moyen de purification pour l'àme , c'est la lumière supérieure que produit l'amour. Cette lumière, dans sa plénitude et son énergie , inonde l'esprit avec une force irrésistible ; elle lie les puissances qui sont tournées vers le dehors, de telle sorte que les sens sont comme flétris , et que l'esprit lui-même semble marcher dans les ténèbres; mais, en revanche, il acquiert une connaissance véritable de son propre fond; et, comparant son néant, son vide, ses ténèbres et son impureté à la majesté, aux richesses inépuisables, à la lumière et à la sainteté souveraine de Dieu, il se sent porté au découragement à la vue de sa misère; de sorte qu'il peut à peine se retrouver et se connaître. « C'est alors que les épouvantes de la mort « viennent fondre sur l'àme éperdue. Un vertige affreux « la saisit au milieu de la nuit qui l'enveloppe, toute sé- « curité lui échappe en ce qu'elle opère; elle perd la mé- « moire de tout le bien qu'elle a fait, et ne se souvient « plus que des péchés qu'elle a commis. Toute consola- « tion lui est enlevée , et il ne lui reste plus que la crainte, « l'amertume et la désolation. » (Saint Jean de la Croix, la Nuit obscure, 1. 2, ch. 6. )

Tels sont les effets de cette lumière que Dieu donne à l'àme, pour la purifier par le feu de la tribulation, et pour extirper en elle jusqu'à la dernière racine du péché. C'est

par là qu'il opère la séparation de l'esprit et de lame , et que l'esprit , devenu plus libre , acquiert la facilité de se déprendre de toutes les formes naturelles, dans lesquelles il ne trouve rien où il puisse poser le pied. « Car, continue « saint Jean de la Croix , de môme que les éléments, pour « qu'ils puissent se communiquer à tous les corps naturels « et composés, ne doivent avoir aucune propriété, aucune « couleur, aucun goût, aucune odeur, et peuvent ainsi s'ac- « corder avec toutes les couleurs , toutes les odeurs et tous « les goûts, de même aussi l'esprit doit être purifié, simpli- « fié, dépouillé de toutes les inclinations de la nature, soit « actuelles, soit habituelles, pour qu'il puisse participer « à la plénitude de l'esprit de la divine sagesse, qui lui « donnera certainement un goût bien plus élevé de toutes « choses. Ainsi vidé de tout ce qui pourrait le troubler, il « s'accoutume à demeurer dans cette connaissance qui est « au-dessus de lui ; il s'y déploie, et devient capable de rece- « voir les communications divines. Dieu les lui donne, soit « en proportionnant l'effusion de sa lumière aux facultés « qui la reçoivent, soit en adaptant celle-ci à la première; « et il transforme ainsi la lumière qu i purifie dans la lumière « qui illumine. C'est alors que le soleil de la vérité dissipe, « en s' élevant, toutes les ténèbres qui enveloppaient l'ànie « auparavant. Elle reconnaît maintenant que ses épou- « vantes n'étaient que des ombres et des fantômes de l'obs- « curité qui devait la purifier, et que, par conséquent, « elles étaient vaines, tëlle voit enfin d'une vue claire « quels grands biens elle a acquis par là et quelle œuvre « merveilleuse le divin Maître a faite en elle. »

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