DL DO* DE PROPHÉTIE ET DE GUÉRISO
Beaucoup d'autres ont eu ce don , quoiqu'aucun peutêtre ne l'ait possédé fc ce degré, ou, ce qui est plus probable, n'ait osé l'exercer à ce point; car ici, comme en autre chose, le ciel souffre violence, et n'accorde que ce qu'on lui arrache en quelque sorte par la foi. Ce don, au reste, a une partie de ses racines dans la nature; et sous ce rapport il forme comme une sorte de talent naturel dans ces hommes, appelés de différents noms, selon la diversité des pays où ils vivent, qu'on nomme en Espagne Salu/ladores , et auxquels le peuple aime à s'adresser. Ces hommes se substituent alors aux malades, chez qui la force v itale est trop faible pour chasser de l'organisme la maladie qui le trouble. Pour qu'ils puissent produire cet effet, il faut qu'ils possèdent eux-mêmes une surabondance dévie, qui leur permette de communiquer aux autres de leur plénitude ; et c'est en cela précisément que consiste le don naturel qu'ils ont reçu. Mais il en est bien autrement du don surnaturel que nous trouvons chez les saints. Chez les premiers, Dieu n'agit que d'une manière générale, en tant qu'il est le principe de tout ce qu'il y a de bon dans l'univers ; mais la guérison est l'effet immédiat ou de la personne qui s'est substituée au malade, ou de la nature, lorsqu'ils se servent pour cela de quelque objet naturel , dans lequel la maladie passe comme par une sorte de transfusion. Mais chez les saints mystiques, l'opération divine est immédiate : c'est Dieu qui élève chez eux la vie à une plus haute puissance, et la rend ainsi plus mobile et plus énergique; ou bien il se sert d'eux comme d'un instrument, par le moyen duquel il verse son action et son influence en ceux qu'il veut guérir. Si donc, dans le premier cas, l'exercice de ce don ne dépend point de l'état intérieur de celui