‹ La Mystique divine naturelle et diabolique;Chapitre 56 sur 64 · DU DON DE PROPHÉTIE ET DE GUÉRISON · texte numérisé non relu

DU DON DE PROPHÉTIE ET DE GUÉRISON

qui le possède , et si on le trouve indistinctement chez les bons et les mauvais, il n'en est pas de même du don surnaturel chez les mystiques. On comprend, en effet, que, pour qu'ils puissent servir d'instrument aux opérations divines, il faut que rien ne puisse s'interposer entre eux et Dieu. Aussi l'Église, toutes les fois qu'elle a trouvé l'occasion de constater ce don chez les saints , a usé des plus grandes précautions, afin de s'assurer de son origine, et de donner à son propre témoignage toutes les garanties que Ton peut exiger en pareille circonstance. Elle commence donc toujours , en ces cas , par examiner scrupuleusement toute la vie de ceux qui ont possédé cette faculté supérieure. 11 faut qu'ils aient pratiqué toutes les vertus morales et théologales dans un degré héroïque. 11 faut qu'il soit parfaitement prouvé que cette faculté n'était point naturelle ; que la maladie a été ou sans remède ou très-difficile à guérir; et les médecins sont appelés à donner leurs avis contradictoires sur ce point. Il faut que la maladie n'ait point été rendue à ce point que la science appelle acme ou crise , parce que, souvent alors, il se produit dans l'organisme un retour subit qui peut opérer la guérison. Il faut de plus qu'aucun remède n'ait été employé, ou que du moins ceux auxquels on a eu recours aient été impuissants. Il faut que la guérison ait été instantanée, complète, sans rechute. On étudie avec soin toutes les circonstances de la maladie, son origine, son cours, sa durée, le traitement auquel elle a été soumise, la constitution du malade, son imagination. Tout cela se fait en présence des commissions chargées d'instruire ces sortes de procès et des médecins qui leur sont adjoints ; et chaque témoin , avant de donner son témoignage, doit jurer qu'il ne dira que la vérité. On peut

i76 Dl POUVOIR DE FAIRE DES MIRACLES.

consulter à ce sujet l'ouvrage de Benoît XIV sur la canoni sation des sjints, liv. IV, p. I .

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