‹ La mythologieChapitre 10 sur 138 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

se faire une idée de leur barbarie, ni songer que l'humanité tout entière s'est trouvée jadis plongée dans cette immonde sauvagerie ! . »

M. Lang a exposé, dans tous ses détails, le système de M. Max Millier. Nous n'avons pas à y revenir ici. Il forme, parmi les successeurs de Kuhn, une école distincte, en ce qu'il attribue une importance exceptionnelle aux phénomènes de l'aurore et du soleil. C'est lui surtout qu'on peut considérer comme le représentant par excellence de l'école linguistique. Ses étymologies sont célèbres, on en verra plus loin des exemples curieux. On sait que ses théories mythologiques ont fait une rapide fortune. MM. Bréal les introduisit en France, et on peut dire que son essai sur le mythe d'Hercule et de Cacus* est un des travaux qui ont le plus fait pour propager la nouvelle doctrine. Ici, comme chez M. Max Muller, la science parlait un langage clair et brillant qui contribua beaucoup au succès des théories. Il sera intéressant de comparerla façon dont M. Bréal développe les idées de M. Max Muller, avec le résumé forcément déco-

1. Op. cit., p. 19. O. Muller déjà avait vu l'importance de la mythologie pour l'histoire de l'esprit humain (Proleg. zu einer wissenschaftlichen Mythologie, p. 120) et il insiste sur la nécessité de comparer les croyances de tous les peuples.

2. Hercule et Cacas, Etude de mythologie. Paris, 1863. Réédité dans les Mélanges de Mythologie et de Linguistique, Paris, 1873.

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