XIV PREFACE
nous montrent que les orages ont été l'élément mythologique par excellence. Ce sont ces manifestations si vivantes et si terrifiantes qu'on retrouve presque toujours au fond des personnalités divines *. » On trouve cependant chez Schwartz comme une préscience des procédés de la méthode anthropologique, il voit, sans tirer tout le parti possible de sa découverte, qu'il faut étudier les mythes là où on en crée encore, pour s'expliquer la création mythologique des premiers âges, et il n'est vraiment pas loin de M. Lang quand il dit, quelques lignes plus loin : « Les plus anciennes représentations mythologiques nous montrent toute la rudesse des premiers âges... le vol, le parricide semblaient encore des actions toutes naturelles puisqu'on les attribuait, sans hésiter, aux êtres divins, et nous voyons là les hommes comme les dieux à un moment où, étrangers à toute morale, ils ne connaissent que l'emportement des passions naturelles... C'est là, pour le dire en passant, un point important où la mythologie éclaire l'histoire primitive. L'Européen, qui ne connaît les Boiocudos, les Boschismans, les Kamchadales et les Papous que dans les livres, ne peut