‹ La mythologieChapitre 115 sur 138 · R. V., III · texte numérisé non relu

R. V., III

3. R. V., X., 462. Comparez Bergaigne, la Religion védique, I, 52-56 et Kuhn, op. cit.

sions prématurées, comme le font trop souvent les mythologistes. Par exemple, lorsque nous voyons un oiseau représenter le producteur du feu, nous ne sommes pas autorisés à conclure que nécessairement dans chaque cas l'oiseau signifie l'éclair. Le mythe lui-même n'existe souvent que pour rendre raison des signes particuliers de certaines espèces d'animaux réels. De même, le fait qu'un héros passe pour avoir volé ou apporté le feu ne nous autorise pas à regarder ce héros comme la personnification du feu et à expliquer son mythe tout entier comme un mythe du feu. La légende de Prométhée a trop souvent été traitée de celte façon. En réalité, Prométhée est un héros civilisateur; l'enlèvement du feu, tout comme la création d'hommes d'argile, n'est qu'un exemple particulier de ses exploits. Il est par excellence le génie ami de l'humanité qu'il a élevée à la civilisation, qu'il a initiée à la connaissance de tous les arts.

La tendance à expliquer le personnage de Prométhée comme une personnification et comme un dieu du feu, s'est encore accrue à la suite de l'étymologie ingénieuse que Kuhn * a donnée du nom npoixyjOéuç. Les Grecs le dérivaient de Upo\hrfi^q, « prévoyant », et le rattachaient à des mots comme TCpo^Yjôéoixaijicpo^Oeta. Ils avaient aussi le nom propre Épiméthée pour désigner le frère imprévoyant de

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