‹ La mythologieChapitre 117 sur 138 · Od., V · texte numérisé non relu

Od., V

noire quand il habite une campagne écartée et qu'il n'a pas de voisin, conservant ainsi le germe du feu pour n'avoir pas à l'aller chercher ailleurs, de même Ulysse se couvrit de feuilles. »

Si dans l'âge homérique l'homme trouvait si difficile de reproduire le feu, quelle ne devait pas être la difficulté à l'époque reculée où cet art venait d'être découvert? Dans cet état de la société, supposez que les groupes de sauvages primitifs vivaient en guerre l'un contre l'autre. Un de ces groupes laisse éteindre son feu ; sa première pensée sera d'emprunter du feu au voisin qui habite peutêtre à plusieurs milles de distance. Mais si les voisins sont hostiles, le malheureux groupe est exclu du feu, igni interdicitur. Le seul moyen de s'en procurer en pareil cas est le vol. Des hommes habitués à un état aussi précaire ont pu croire aisément que les premiers possesseurs du feu, quels qu'ils fussent, lui attribuèrent une haute valeur et refusèrent de le communiquer à autrui. Ainsi a pu naître la croyance au vol primitif du feu.

Cette hypothèse a au moins le mérite d'expliquer tous les mythes dô l'enlèvement du feu par les besoins naturels et les passions de l'homme. Au contraire, la théorie philologique explique la version grecque de la légende par un accident de langage tout exceptionnel et laisse dans l'obscurité la foule des autres mythes de l'enlèvement du feu.

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