La Civilisation primitive, trad. franc., I, p
races primitives que la croyance à la sorcellerie a conduites à déclarer que si les hommes n'avaient jamais été ensorcelés ni tués par violence, ils ne mourraient jamais. » De même les sauvages de l'Afrique recherchent quel est le sorcier qui a frappé leurs morts de ses maléfices. « Les naturels, dit sir George Grey, en parlant des Australiens, ne croient pas qu'il existe quelque chose comme une mort provenant de causes naturelles. » Quand l'un d'entre eux vient à mourir de maladie, les sorciers de la tribu font une sorte d'enquête pour déterminer par les mouvements des vers et des insectes, dans quelle direction il faut chercher le magicien qui a frappé le mort 1 .
Dans l'Inde, Heber 2 nous raconte que les Puharries attribuent toutes les morts naturelles à une cause surnaturelle, c'est-à-dire à la sorcellerie: les Puharries, donc, ne croient pas à l'universalité et à la nécessité de la mort ; ce sont des pratiques magiques qui l'ont introduite dans le monde des vivants. Dalton 3 nous dit que les Hos (une tribu aborigène de race anaryenne) « croient que toutes les maladies des hommes ou des animaux doivent provenir d'une de ces deux causes : la fureur de
1. Cette enquête est décrite avec toutes sortes de détails par M. Brough Smyth, Âborigines of Victoria, I, pp. 98 102.
2. [Narrative of a Journey through the upper Provinces of India from Calcutta to Bombay, 1824-1825, 3° édit., Londres, 1828, I, p. 280.J