‹ La mythologieChapitre 127 sur 138 · Çatapatha Brâhmana, X · texte numérisé non relu

Çatapatha Brâhmana, X

sacrifices. Chagrinée de voir cette proie lui manquer, la Mort s'écria : « Les hommes vont m'échapper comme vous, » mais les dieux l'apaisèrent en lui promettant qu'aucun homme ne lui échapperait avec son corps. Pour devenir immortel, il faudrait d'abord abandonner son corps. Nous avons déjà vu que chez les Aryens de l'Inde, la mort a un proto-martyr, Yama, « le premier des hommes qui a atteint la Rivière, découvrant le chemin d'un grand nombre 1 . » Ici Yama correspond à Tangaro, l'étourdi, dans le mythe des îles Salomon. Mais Yama n'est pas un être malveillant comme Tangaro. Le Rig-Véda 5 dit de lui : « le roi Yama qui partit jadis pour les fleuves puissants, et découvrit une route pour un grand nombre. » Les ancêtres bénis demeurent avec lui éternellement heureux. M. Max Mûller fait de Yama une figure suggérée par le soleil couchant. Nous avons vu qu'on a dit la même chose de Maui, le héros Maori. C'est Yama, d'après le Rig-Véda, qui envoya des oiseaux pour mettre en garde contre l'arrivée de la mort.

Chez les Iraniens, Yima paraît être la contrepartie du Yama védique. Il est le roi des bienheureux, et primitivement il était le premier des hommes sur lesquels la mort remporta la victoire. On rattache vaguement à cette victoire des légendes d'un serpent qui tua le roi Yima, probablement

i. Atharva Veda, VI, 28, 3. 2. X, 14, 1.

pour le punir d'un péché. Mais il est difficile de donner une forme cohérente de ce mythe d'après les livres saints de la religion iranienne '.

1. [Cf. Avesta, trad. de Harlez, 2« édit., Paris, 1880; J.Darmesteter, Ormazd et Ahriman, Paris, 1877, p. 232.]

Page 1