XXI! PREFACE
Sortie comme elle des travaux de Grimm, l'étude des traditions populaires a progressé lentement, mais peu à peu elle a étendu ses enquêtes au delà des peuples civilisés, jusque chez les sauvages les plus arriérés. Aux collections de contes de Grimm, sont venus s'ajouter d'autres recueils fournis par toutes les parties de l'Allemagne ; en Russie, en Italie, dans les pays Scandinaves, en Angleterre et puis en France et en Espagne le mouvement s'est propagé, et on se trouve déjà avoir recueilli un matériel considérable, car, avec les contes, on a relevé les légendes, les proverbes, les traditions et les coutumes, les chansons et jusqu'aux jeux de l'enfance. La nouvelle science a reçu le nom de Folk-Lore > parce que tout ce qui constitue la croyance ou la science du peuple fait l'objet de son étude, elle a ses organes attitrés et toute une légion d'adeptes dans les différents pays de l'Europe et jusqu'en Asie et en Amérique. En France, MM. Gaidoz et Rolland ont fait reparaître, depuis deux ans, leur revue Mélusine, qui avait paru déjà en 1877, et voici qu'une Société des traditions populaires vient de se fonder à Paris, dans le but de publier une Revue des Traditions populaires*.