PRÉFACE XXVII
TyloretFiske, et auxquelles M. Gaidoz donne l'impulsion aujourd'hui en France avec son érudition variée et sa perspicacité toujours en éveil 4 .
Nous n'avons plus à insister sur le rôle joué par M. Lang dans cette rénovation des études mythologiques. Nous avons parlé de ses articles intitulés : les Mythes et les Coutumes, et nos lecteurs vont juger l'ensemble de ses idées sur l'histoire de la mythologie et sur les diverses catégories de mythes, dans le programme complet que ce livre leur offre* Nous avons dit qu'il s'était placé parmi les chefs de la nouvelle école, c'est ce que prouve encore un article récent de M. C.-P. Tiele dans la Revue de f Histoire des Religions où MM. Lang et Gaidoz sont pris à partie comme les prophètes de la nouvelle méthode. Ce n'est pas d'ailleurs que le savant auteur, bien connu par ses beaux travaux sur les religions orientales, refuse son adhésion aux nouveaux principes, il leur reconnaît une grande part de vérité : « Cette méthode, dit-il, peut seule permettre de se rendre compte de la genèse des mythes, parce qu'elle s'attache à les étudier sous
i. Outre ses nombreux articles dans sa revue Métusine, il faut citer de M. Gaidoz : sou Esquisse de la Religion des Gaulois (Paris, 1879^, la Religion gauloise et le gui de chêne (48S0). Deux parallèles. Rome et Congo (1883). Etudes de mythologie Gauloise t Paris, 1886.
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leur forme la plus fruste et la plus primitive, qui en laisse percer la véritable signification bien mieux que les récits fort remaniés, compilés et combinés, agrémentés et humanisés, qui onteu cours chez les peuples parvenus à un certain degré de culture. » M. Tiele montre ensuite que cette méthode nous fait voir Terreur dans laquelle on est tombé lorsqu'on se figurait que chaque dieu est la personnification d'un phénomène spécial pour chacun. « Seule la comparaison des mythes et des personnifications mythiques formés sous l'empire de l'animisme est en état de radicalement faire disparaître Terreur en question en révélant le véritable état des choses. Elle nous apprend que les esprits supérieurs et les dieux ne sont jamais les phénomènes mêmes de la nature considérés comme des personnes agissantes, mais toujours des âmes ou des esprits, représentés comme analogues à Tâme de l'homme, qui mettent en mouvement les corps célestes et causent partout les effets bienfaisants ou malfaisants qui se produisent dans la nature 1 . » On le voit, M. Tiele fait de larges conces-
1. Article cité plus haut. M. Tiele s'efforce de mettre en lumière quelques-uns des services rendus par l'école étymolo-
§ique ou linguistique. Mais les principaux de ces services sont us, non à l'école mythologique, mais à la linguistique elle-même. C'est à elle qu'on doit de ne pouvoir comparer Abraham avec Brahmâ, Sarah avec Sarasvati, etc.