PRÉFACE DE L'AUTEUR XXXVII
les mêmes contes, avec une trame et des incidents presque identiques. Je m'aperçus bientôt que les Finnois, les Esquimaux, les Peaux-Rouges, les Cafres, les Zoulous et les Boschismans avaient aussi leurs Mserchen et que ceux-ci ressemblaient étonnamment à ceux des peuples Européens. Il fallait découvrir nécessairement à ces ressemblances une explication qui pût s'appliquer à la fois aux contes aryens et non aryens, et ces ressemblances étant reconnues, toute explication tirée de l'étymologiè devenait insuffisante. Si Ton prétend en effet que les mythes et les contes proviennent de confusions linguistiques, il faut admettre que les peuples des races les plus différentes ont eu jadis la même langue. Car on ne pourrait concevoir que des confusions de sens, dans des langues absolument différentes, eussent produit des résultats mythologiques identiques. Restait à trouver quelque autre raison des étroites ressemblances que présentent tous les contes.
Quand je fus arrivé à cette conclusion, je m'aperçus que les explications des philologues provenaient souvent de leur ignorance. On trouve, par exemple, fréquemment dans les contes populaires l'histoire d'un homme qui se couche à côté de sa fiancée en s'engageant d'honneur à la respecter. Il