‹ La mythologieChapitre 34 sur 138 · Grote, Hist. of Greece,l, 404, édit · texte numérisé non relu

Grote, Hist. of Greece,l, 404, édit

2. Cf. Lobeck. Aglaophamus. Kœaigsberg, 1829, pp. 151-152, au sujet des interprétations allégoriques des mythes dans les mystères*

Hum w& »<iv^a»MBa

suite, on n'a pas la moindre preuve que dans l'âge éloigné où les mythes se sont formés, les hommes possédaient les notions morales et les théories physiques que Ton supposé « enveloppées », comme dit Cicéron, dans les fables impies.

Un autre système d'interprétation est celui qui s'attache au nom d'Évhémère (316 avant J.-C). Selon cet auteur, les mythes sont de l'histoire déguisée. Tous les dieux furent autrefois des hommes, mais leurs actions réelles ont été embellies et dénaturées par l'imagination des époques postérieures 1 . Cette manière de voir convenait très bien à Lactance, à saint Augustin et aux autres anciens écrivains chrétiens. Ils se plaisent à penser qu'Évhémère « a établi par des recherches historiques que les dieux existèrent autrefois, mais comme simples mortels. » Ce système commode est encore adopté par Sahagun dans son exposé des mythes religieux du Mexique.

On ne peut mettre en doute qu'en beaucoup de pays on révère les esprits des morts ; les dieux même d'une foule de religions sont revêtus d'attributs provenant du culte des ancêtres ; ainsi le système d'Évhémère conserve un certain degré de probabilité. Nous n'irons pas jusqu'à croire avec Évhémère et avec M. Herbert Spencer que le dieu de la Grèce ou le dieu des Hottentots fût autrefois un

1. [Cf. l'excellent livre de M. R. de Block. Evhémère, son livre et sa doctrine. Mons, 1876.]

homme, mais nous ne pouvons nier que les mythes de l'un et l'autre de ces dieux ont eu cours parmi des hommes qui pratiquaient le culte d'ancêtres réels, et ont dû être colorés par leur imagination. Ainsi, les Cretois montraient le tombeau de Zeus, et les Phocéens 1 versaient chaque jour du sang des victimes sur la tombe d'un héros, évidemment dans la pensée de donner une nourriture à son esprit. Les Hottentots montrent beaucoup de tombeaux de leur dieu, Tsni-Goaby et racontent des histoires sur sa mort ; ils prient aussi régulièrement sur la tombe de leurs propres parents pour implorer leur aide*. Il n'en reste pas moins absurde de croire que Zeus et Tsui-Goab furent autrefois des hommes ; on peut dire seulement que leurs mythes n'ont pu se développer que chez des peuples accoutumés, entre autres formes de religion, au culte des morts. Il est très probable que des parties de légendes relatives à des hommes réels se sont introduites dans les mythes de dieux d'un autre caractère, et c'est là l'élément de vérité qui se trouve au fond de l'Évhémérisme.

Ce n'est pas ici le lieu de discuter la forme moderne du système, telle qu'elle est exposée par par M. Herbert Spencer.

Page 1