‹ La mythologieChapitre 4 sur 138 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

Il va de soi que l'origine de la religion n'est pas en cause ici. L'homme a eu, dès l'origine, la notion de la divinité, et c'est cette conception même qui, en l'élevant au-dessus des animaux auxquels il ressemble par tant de côtés, en a fait ce qu'il est, le couronnement et le chef-d'œuvre de la création. Mais dès l'origine aussi cette notion sublime s'obscurcit et s'imprégna d'éléments étrangers et grossiers. Prêtant à la nature qui l'environnait les pensées et les sentiments dont il était agité luimême, l'homme primitif vivait au milieu d'un monde qui lui renvoyait pour ainsi dire, son image prodigieusement agrandie. Ces explications qu'il s'était données à lui-même des phénomènes dont il était le témoin, ces fables qu'on se racontait de génération en génération, finirent par former un ensemble très complexe, que chaque âge modifiait et augmentait à son tour et qui contenait comme un résumé de l'histoire psychologique de la race. C'est ce chaos que la mythologie cherche à débrouiller, et on voit de prime-abord que la tâche n'est pas facile.

M. Lang, dans son livre, a passé en revue les principaux systèmes mythologiques qui se sont attaqués à ce problème, et les a assez bien caractérisés. Mais il a voulu être bref, et il avait bâte

Page 1