Nineteen Years in Polynesia. Londres, 1861, p
4. Les parties les plus élevées de la religion des Bonis sont un reste du christianisme. Leur langue est un composé d'anglais, de hollandais et de patois créole. Cf. Crevaux. Tour du monde, 1879, I, 355 et suiv.
sauvage à la parenté des animaux avecles hommes ! . L'homme sauvage considère donc tous les objets comme animés et personnels, il se regarde lui-même comme physiquement parent des plantes, des animaux et d'autres choses animées ou inanimées. 11 croit aussi que beaucoup de membres de sa tribu ont le pouvoir de se changer en bêtes, et que les âmes de ses parents morts reprennent la forme d'animaux. Sir A.-C. Lyall, en parlant de * THindoustan, fait l'observation suivante : « Pour ceux qui vivent dans une contrée où des hommes méchants et des sorcières prennent constamment la forme d'animaux sauvages, l'explication de la lycanthropie par une confusion entre Xeux6ç (blanc) et Xuxoç (loup) semble puérile 2 . » Nos raisons de considérer cette explication étymologique comme
1. On trouve des preuves importantes de la survivance de ce sentiment chez les races sémitiques (Robertson Smith. Animal Worship and Animal Tribes among the Arabs and in the old Testament, dans Journal of Philology, IX, no 17, et Kinship in ancient Arabia, 1885. Cf. son article Sacrifice dans Y Encyclopœdia Britannica, Voir des exemples de survivances semblables chez les Aryens a l'article Family de YEncyclopsedia Britannica, 9« édit., tome IX, dans le chapitre de Custom and Myth., cité plus haut, et dans la traduction anglaise de la Politique d'Aristote, par MM. Bolland et Lang, p. 96. M. Mac Lennan, qui le premier a observé ces institutions et ces idées, a publié le résultat de ses recherches dans la Fortnightly Review, nov. 1869, et février 1870, sous le titre : The Worship of plants and animais. [Voir enfin sur les exagérations auxquelles on s'est quelquefois laissé aller à ce sujet les remarques de M. H. Gaidoz. Mélusine, II, 261.]
2. [Etudes sur les mœurs religieuses et sociales de V Extrême Orient, traduction française, Paris, Thorin,1885, p. 86.]
enfantine et inexacte augmentent encore quand nous trouvons des phénomènes comme la lycanthropie accrédités dans tous les pays, quelle que soit la langue que l'on y parle 1 * M. Lane, dans son introduction aux Mille et une nuits 2 , dit qu'il a vu la croyance à ces transmigrations solennellement acceptée au Caire. D'après des témoignages rapportés par Bancroft, les Mexicains s'imaginaient que les femmes enceintes se changeraient en bêtes, et les enfants endormis en souris, si certains détails n'étaient pas bien accomplis dans le rituel d'un sacrifice solennel.
Suivant une légende écossaise bien connue, une vieille sorcière fut un jour frappée d'un coup de feu sous sa forme de lièvre ; on trouva que la vieille femme était blessée à l'endroit où le lièvre avait été atteint. Lafitau raconte une histoire semblable qui avait cours dans sa tribu de Peaux-Rouges. Seulement, chez ceux-ci, la vieille sorcière et son fils prennent la forme d'oiseaux, non de lièvres. Une sorcière Scandinave fait la même chose dans FEgil Saga. Dans le récit de Lafitau, les oiseaux sont blessés parles flèches magiques d'un médecin et les pointes des flèches se retrouvent dans le corps des personnes coupables.
1. Voir l'article Lycanihropy par M. Mac Lennan dans YEncycl. Britannica, 9« édit., tome XV. [J. Fiske. Myths and Mythmakers. Boston, 1873, pp. 69-103.]