Enéide, V
A la mort de Plotin, au moment où il venait de rendre l'esprit, un serpent sortit de dessous son lit et se glissa dans un creux de la muraille 1 . Comparez dans Pline*, la caverne m quo mânes Scipionis Africani majoris custodire draco dicitur.
Nous pourrions pousser plus loin la recherche dejces idées dans les races civilisées; les exemples les plus manifestes sont les théories hindoues et pythagoriciennes de la transmigration. Mais nous avons donné assez de preuves de la croyance des sauvages à la parenté de l'homme avec les animaux et de sa survivance dans la civilisation.
Nous voudrions encore attirer l'attention sur une dernière particularité de la philosophie sauvage ; c'est la croyance aux esprits et au commerce de l'homme avec les ombres des morts. Le sujet est traité à fond par M. Tylor dans sa Civilisation primitive; les preuves y sont si bien exposées qu'il nous suffira de procéder à une revue des faits généraux.
Pour le sauvage, la mort naturelle n'est pas une règle universelle et inévitable. Nous disons : « Tous les hommes doivent mourir, » mais c'est là une généralisation qu'il a eu de la peine à atteindre. Dans sa philosophie, la proposition devrait plutôt être celle-ci : tous les hommes qui meurent,