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MEXIQUE

Les Maoris et les autres peuples de la Polynésie nous offrent peut-être le meilleur exemple d'une

\. Tylor, Civilisation primit., trad., p. 7, 383. Voir plus loin le chapitre vi, p. 207.

2. Les meilleures sources pour l'étude des mythes de la Nouvelle-Zélande soot les ancieus hymnes sacerdotaux, réunis et traduits dans les ouvrages de sir Georges Grey, dans New Zealand de Taylor, Short laud; Traditions of New Zealand 1857} et Bastiau, Die heilige Sage der Polynesier. [Leipzig, i881.]

3 Voir sur ce sujet les ouvrages déjà cités de Gill (Myths and Songs of the South Pacific) de Ellis, de Turner (Samoa, Londres,

race qui, tout en étant élevée à un niveau supérieur à la barbarie des Boschismans et des Australiens, n'est pas encore parvenue au degré de développement où les grandes monarchies centralisées font leur apparition A . La civilisation des Mexicains et des Péruviens était bien plus avancée que celle des Maoris. Ces peuples possédaient les éléments d'une société plus stable et constituée sur des basés plus hautes. Leur religion a des côtés pleins de beauté et de pureté ; en revanche leurs mythes et leurs rites ne valent pas mieux que ceux des sauvages et ont été inventés à grands efforts d'imagination par une caste sacerdotale cruelle et superstitieuse. Les Aztèques surpassaient peut-être en férocité tous les peuples du vieux monde, excepté certaines races sémitiques ; aussi leurs dieux remportent sur presque tous les autres pour le caractère sanguinaire. Mais pour le côté sauvage et grotesque des croyances, les anciens Egyptiens, les Grecs et les Indiens

1884), J. Williams, Narrative of Missionary Enterprises in the South Sea Islands (Londres, 1837), [et surtout Waitz, Anthropologie der Naturvœiker, t. VI, édité par G. Gerland. Leipzig, 1872].

1. [On pourrait peut-être dire que la même cause qui a empêché l'établissement de grandes monarchies, c'est-à-dire l'extrême morcellement du territoire, a empêché également ces peuples d'atteindre un degré supérieur de civilisation. Celle-ci ne peut se développer que sur des bases plus larges que ne lui en offraient ces petites îles de la Polynésie. Cf. F. Ratzel, An» thropogeographie, Stutlganlt, 1882, p. 171. M. E. Renan développe la même idée dans ses Dialogues philosophiques, Paris, 1876J.

védiques peuvent parfaitement entrer en lutte avec les Aztèques eux-mêmes.

Bernai Diaz *, l'ancien Conquistador, a décrit l'aspect repoussant des idoles que détruisit Cortès : « idoles aux formes hideuses de dragons, aussi grandes que des veaux, » idoles représentant des êtres moitié hommes, moitié chiens, serpents vénérés comme des divinités. Le missionnaire contemporain Sahagun a laissé un des premiers écrits relatifs à la nature et aux mythes de ces dieux ; mais bien qu'il se soit donné beaucoup de peine pour collectionner les faits, ses théories ne doivent être acceptées qu'avec précaution 2 . Il était convaincu, comme Caxton dans sa Destruction de Troie et comme saint Augustin, que les dieux des païens ne sont que des hommes adorés après leur mort. Le culte des ancêtres est un élément important de la religion primitive ; les qualités des chefs et des sorciers morts sont attribuées aux dieux, mais il n'en résulte pas que chacun d'eux ait été un jour un homme véritable comme Sahagun le supposait. On ne peut pas légitimement pousser l'évhémérisme aussi loin.

Au sujet du dieu fameux Huîtzilopochtli, Saha-

1. [Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, écrite par le capitaine Bernai Diaz del Castillo, Vun des Conquistadores. Traduction Jourdanet, 2 e édit. Paris, Masson, 1877.]

2. [B. de Sahagun, Histoire générale des choses de la Nouvelle- Espagne, traduction Jourdanet. Paris, 4880.]

glin nous dit que c'était un nécromancien, qu'il aimait à se dérober en changeant de forme comme Odin, qu'il se métamorphosait en divers animaux, qu'il fut conçu miraculeusement et qu'il était confondu avec le colibri dont les plumes ornaient ses statues *. Ce dieu-colibri peut être comparé au Picus romain 2 . Le fait quel'oiseau-mouche (Niiitziton), qui était anciennement la forme même du dieu, devint simplement son compagnon (comme la chouette de Pallas, la souris d'Apollon, l'oie de Priape, le coucou de Héra), quand le dieu reçut la forme anthropomorphique, nous offre un exemple d'un changement commun à toutes les mylhologies. Au témoignage de Plutarque, les Grecs, habitués cependant à voir des animaux servir de compagnons à leurs propres divinités, furent stupéfaits quand ils trouvèrent en Egypte des animaux honorés comme des dieux. Millier 3 émet l'opinion que Toiseau-mouche étant le plus beau des êtres ailés, est devenu le symbole du ciel et aussi du dieu du ciel, Huitzilopochtli. Ce genre de symbolisme est si facile à imaginer qu'on ne doit l'accepter qu'avec défiance. Dans l'hypothèse que les formes thériomorphiques des dieux sont un symbolisme,

1. Voyez Bancroft, op. cit.,li\ 9 288, 290, et Acosta [Historia Natural y moral de las Indias occidentales, 1590], p. 352-361.

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