‹ La mythologieChapitre 77 sur 138 · Comme Vui et les frères de Qat, voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Comme Vui et les frères de Qat, voir plus haut, p

2. [L'inscription est traduite daus Wiedemano, jEgyptische Geschichte, Gotha, 1884, I, p. 192.]

premiers documents que nous possédons de la religion égyptienne. Ce personnage est plutôt un héros civilisateur, un membre d'une race d'hommes surnaturels, comme Qat ou Mrinabozho, qu'un dieu véritable. Son mythe, qui sera raconté plus loin, est représenté sur un tombeau et sur le temple renversé de Philae. Il y est fréquemment fait allusion dans les litanies des morts vers 1400 ayant Jésus-Christ ; Hérodote le mentionne avec une crainte respectueuse, et, après l'ère chrétienne, il est raconté tout au long par Plutarque. Le même mythe avait-il cours à l'époque' bien plus lointaine de Micérinus? Naturellement on ne pourrait l'affirmer d'une façon certaine. L'histoire religieuse de l'Egypte, depuis la X e dynastie ou-à peu près jusqu'à la XX e , est interrompue par une invasion de conquérants sémitiques et par l'introduction de leurs idées *.

Antérieurement à cette invasion, les dieux, toutes les fois qu'ils apparaissent sur les monuments, sont représentés par des animaux et ces animaux sont l'objet d'un culte strictement local. Le nom de chaque dieu est écrit en hiéroglyphes à côté de la bête ou de l'oiseau. Le chacal est de-

1. [L'invasion des Hyksos, qui dura depuis la XIII dynastie jusqu'à la XVIII e . On est généralement d'accord actuellement pour refuser de voir dans ces envahisseurs étrangers un peuple sémitique. Cf. E. Meyer, Geschichte des Atterthums, Stuttgard, 1884, I, p. 133; Wiedemann, op. cit., p. 285-290. C'est aussi l'opinion de Mariette, F. Lenormant et Lepsius.]

Y&nt Anup, le faucon devant Bar, la grenouille devant Hekty le babouin devant Tahati, et Ptah, Asiri, Hési, Nebhat, Bat-hor, Neit, Khnum et Amun-hor sont tous écrits phonétiquement mais jamais représentés en peintures. Les différentes villes vénèrent des animaux différents. Pasht, le chat, était le dieu de Bubastis ; Apis, le taureau, celui de Memphis ; Hapi, le loup, celui de Siout; Ba, le bouc, celui de Mendès. Le témoignage d'Hérodote, de Plutarque et des autres écrivains, montre que les Égyptiens de chaque district refusaient de manger la chair des animaux qu'ils tenaient pour sacrés. Ainsi Tidentité de la coutume avec le totémisme sauvage est absolue. De toutes les explications proposées pour le culte égyptien des animaux, celle qui regarde ses pratiques comme des restes du totémisme et de l'état sauvage paraît la plus satisfaisante. Jusqu'ici la religion égyptienne représente seulement ses dieux sous une forme thériomorphique. Des bêtes apparaissent aussi dans les généalogies royales; ainsi les anciens Égyptiens auraient complété leur totémisme en se regardant comme descendus réellement d'animaux.

A une ou deux exceptions près, les premières figures sémi-anthropomorphiques de dieux qui nous soient connues dans les parties civilisées de l'Egypte, se trouvent sur l'obélisque en granit de Bézig, dans le Fayyum, élevé par Usertesen I er , roi de la XIP dynastie ; nous y trouvons les formes tout

à fait développées. Le premier groupe de divinités appartient à une période et à un district où les influences sémitiques ont incontestablement commencé à s'exercer * . Dans cette période, les figures monstrueuses sémi-thériomorphiques , sémi-anthropom orphiques, les dieux à têtes de faucon, de bélier et de chacal deviennent choses communes. On est tenté d'attribuer ce fait à l'influence sémitique ; mais on peut tout aussi bien supposer que les dieux animaux sont devenus, par un développement naturel, des dieux humains ; cette transformation nous est connue pour le Mexique, et la Grèce nous fournit d'abondants exemples de ces figures mêlées où le dieu anthropomorphique garde des traces de son passé thériomorphique.

L'adoration hérétique du disque solaire interrompit le cours de la religion égyptienne sous quelques rois réformateurs ; mais la grande et glorieuse XIX e dynastie des Ramessides rétablit le culte d'Horus, d'Isis, du chien Anubis et des autres divinités sémi-thériomorphiques. Elles survécurent même à leur défaite par les brillants dieux humains de Rome et ne disparurent que devant Tétoile radieuse de Bethléem.

Bien que l'Egypte ait un très grand nombre de dieux, sa littérature n'est pas fertile en mythes.

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1. Ceci et une partie de ce qui précède est extrait d'un travail lu par M. Flinders Pétrie devant la Société royale de littérature.

\î\ LA MYTHOLOG'E

Les compositions religieuses qui nous sont parvenues sont généralement des hymnes et des litanies, le rituel funéraire, le livre des Morts 1 . Dans ces œuvres, les mythes sont considérés comme connus ; on y fait allusion en passant dans des prières aux êtres divins, mais naturellement ils ne sont pas racontés en entier. De même que les Védas, les hymnes sont de pauvres sources pour l'étude de la mythologie ; pareillement les hymnes de l'Église jetteraient peu de lumière sur les événements de l'histoire évangélique ou de l'Ancien Testament. Les légendes sacrées que les prêtres ou les serviteurs du temple communiquèrent à Hérodote sont perdues entièrement pour nous à cause de la pieuse réserve du voyageur. Hérodote faiteonstamment allusion au mythe égyptien le plus fameux, celui d'Osiris, et il reconnaît ses analogies avec celui de Dionysos. Mais nous devons nous adresser à l'autorité très tardive de Plularque * pour avoir une narration, de son propre aveu, incomplète et épurée, de ce que la mythologie peut nous apprendre sur le grand héros civilisateur, le « démon » et le dieu de

l'Egypte.

Osiris, Horus, Typhon (Seth), Isis et Nephthys sont les enfants de Seb que les Grecs identifiaient avec Cronos; les mythes de leurs naissances sont

1. [Cf. Paul Pierret, le Livre des Morts des anciens Égyptiens, Paris, Leroux, 1882.]

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