Dans son livre De Jside et Osiride
d'un caractère particulièrement sauvage et obscène. Osiris introduisit la civilisation en Egypte, il parcourut le monde, enseignant aux hommes l'agriculture et les arts comme Pund-jel en Australie dans un milieu plus humble. A son retour, Typhon dressa une embûche contre lui. Il avait fabriqué un coffre bien ciselé qui était fait à la mesure exacte d'Osiris, et il offrit de le donner à la personne qui pourrait se coucher à l'intérieur . Aussitôt que Osiris essaye de le faire, Typhon cloue le coffre et le jette dans le Tanais, une branche du Nil. Isis se met en voyage, éplorée, pour retrouver le corps, de même que Déméter va à la recherche de Perséphone; peut-être, dans la version tardive de Plularque, des incidents ont-ils été empruntés à la légende éleusinienne. A la fin, Isis trouva le coffre qui, en son absence fut aussi découvert par Typhon. Il mutila le corps d'Osiris par une cruauté qui n'est pas rare dans les légendes de tous les peuples, et en dispersa les fragments au loin. Partout où Isis trouva un membre du dieu, elle l'enterra; c'est ainsi que l'Egypte fût aussi riche en tombeaux d'Osiris que le Namaqualand en tombeaux de Heitsi-Eibib. Le phallus seul ne se retrouva point, mais elle en consacra un modèle; de là, suivant le mythe, l'origine du culte du phallus en Egypte. Plus tard Osiris revint du pays des ombres et, sous la forme d'un loup, excita son fils Horus à le venger de Typhon. Les dieux combattirent sous
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des formes d'animaux 1 . Plutarque omet à dessein» parce que c'est un blasphème, la légende de la mutilation d'Horus. Bien que le tombeau de ces êtres surnaturels fût connu, les prêtres 2 montraient aussi les étoiles dans lesquelles ils furent métamorphosés. Les Esquimaux, les Australiens, les Aryens de l'Inde et les Grecs ont également reconnu dans les constellations leurs anciens héros.
Plutarque remarque que les mythes grecs de Cronos, de Dionysos, d'Apollon, de Python et de Déméter sont exempts des absurdités des légendes relatives à Osiris et à Typhon. Plutarque présume naturellement que les mythes qui semblent absurdes cachent quelque grand mystère moral ou physique. Mais nous ne pouvons appliquer cette explication aux légendes sauvages similaires; suivant notre théorie, l'histoire d'Osiris est simplement un mythe sauvage gardé intact, grâce au caractère conservateur de la religion d'une race qui, au temps de Plutarque, conservait dans sa pleine vigueur beaucoup de pratiques du totémisme.
Nous pouvons encore dire à l'appui de notre thèse que les mystères grecs gardaient deux traits des mystères sauvages. Le premier est le rite 8 qui
1 . Birch, dans Wilkinson. Manners and Customs of the ancient Egyptians (Londres, 1837), III, 144.