Odyssée, V
Au commencement, les dieux (en prenant ce mot dans un sens large pour désigner une race surnaturelle primitive), naquirent du Ciel et de la Terre, êtres qu'on se représente comme ayant des membres et des passions humaines *. Cette conception nous ramène à la mythologie védique, maoriste ou chinoise. Le Ciel et la Terre, unis dans un embrassement sans fin, engendrèrent des enfants qui ne voyaient pas la lumière. Dans les mythes néo-zélandais, chinois, védiques, indiens et grecs, le couple doit être séparé 2 . Hésiode énumère les enfants que produisit la Terre de son union avec le Ciel. Ce sont Océan, Coéos, Crios, Hypérion, Iapétos, Théia, Rhéa, Thémis, Mnémosyné, Phœbé, Thétis et enfin le plus jeune, Cronos, «qui haïssait son glorieux père. » D'autres êtres de cette race primitive furent les Cyclopes, Bronté, Stéropé, Argé, et trois enfants d'une force énorme, Cottos, Briarée (Aegion) et Gyes qui avaient chacun cent mains et cinquante têtes.
Ouranos détestait ses descendants et il les cachait dans les crevasses de la terre. Excité par la Terre, Cronos attaqua son père et le châtra au moyen d'une faucille. Du sang de Cronos, par une création que l'on retrouve dans les mythes peauxrouges et égyptiens, naissent les Furies, les Géants et Aphrodite. Une foule de monstres