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parler de vos actions de l'époque antérieure aux hommes, de ce qui est arrivé à vous deux JEsir dans les temps anciens. » Mais bien des restes de ces temps anciens sont conservés dans les mythes d'Odin. Quand il ravit l'hydromel de Sutting qui correspond un peu au nectar grec et au soma indien, il s'envola sous la forme d'un aigle *. Le faucon est consacré à Odin ; un de ses noms est celui de Dieu-Corbeau. Il est ordinairement représenté avec un seul œil parce qu'il a laissé l'autre en gage pour avoir droit au breuvage du puits de Mimir. Cet œil unique est le soleil, suivant l'explication ordinaire.

La femme d'Odin est Frigg ; ses fils sont Thor, le dieu du tonnerre, et Balder, dont le mythe est bien connu dans la poésie anglaise. Les êtres célestes sont divisés en deux races entre lesquelles l'accord ne règne pas toujours, les ^Esirs et les Vanirs. Leurs rapports sont, en général, bien plus amicaux que ceux des Asuras et des Dévas dans

1. Indra était un faucon quand « rapide, il apporta aux hommes la nourriture des dieux. » (Rig-Véda, IV, 28, 4.) Yehl, le héros divin des Thlinkits, quand il déroba l'eau. Celte prédominance des animaux, ou des dieux changés en animaux dans les mythes de l'eulèvemeut de l'eau du sana et du feu, est remarquable. Chez les Ândamanieus, c'est un Alcyon qui dérobe le feu pour les hommes au dieu Puluga (Cf. E. 11. Mann, On the aboriginals inhabitants of the Andaman lslands. Journal of the anthropological Institute, vol. XII, 1382.) [Cf. Quatrefages, Caractères intellectuels moraux et religieux des Mincopies. Journal des savants, nov. 1884, janv. et fév. 1885.]

la mythologie indienne. N'étant pas nécessairement immortels, les dieux restaurent leurs forces en mangeant les pommes d'Iduna. Asaloki est un être d'une race intermédiaire, moitié dieu, moitié géant et absolument malveillant et méchant. Sa légende renferme des métamorphoses animales du caractère le plus obscène. Sous la forme d'une cavale, il devient la mère des chevaux à huit jambes d'Odin. Il emprunta la parure du faucon de Fréya quand il découvrit les pommes dlduna. Un autre dieu de l'Edda, Hoéné, est représenté dans des phrases de poèmes perdus comme un être aux longues jambes, exerçant son empire sur le limon ; son nom est rattaché à celui de la grue.

Les ennemis constants des dieux, les géants, peuvent aussi prendre des formes animales. Ainsi, dans le Eaustlong de Thiodolphe, poème composé après la colonisation de l'Islande, il est parlé d'un bouclier sur lequel sont décrits des événements de la mythologie ; parmi eux se trouve le vol du géant Thiazzi au moyen des ailes d'un aigle ancien. Les dieux Hérindal et Loki combattent un jour sous la forme de veaux marins.

En général, les dieux Scandinaves forment une société modelée sur un type primitif, composée d'êtres qui sont indifféremment des hommes, des animaux et des dieux ; quelques-uns d'entre eux son t des forces physiques personnifiées, commandent encore aux éléments et sont passés maîtres en Fart de

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la sorcellerie. Plus tard apparurent les idées de la dernière guerre des dieux et de la fin de l'univers, et la théorie qui représente Odin comme le père universel et le souverain du monde céleste. Le mythe fameux de l'arbre dont l'existence a la durée de celle du monde, est regardé comme étranger et d'origine chrétienne, il ne se trouve d'ailleurs que dans peu de poèmes. Il y a sans doute un reflet de l'aurore du christianisme sur la figure du noble, sympathique et infortuné Balder et sur le mythe de sa descente aux enfers. Tout ce sujet est plein de difficultés de critique ; nous avons surtout noté les traits qui sont évidemment anciens et qui correspondent à des idées mythiques généralement répandues *.

Nous faisons suivre cette étude des mythes divins d'une revue des divisions principales des autres mythes. Elles correspondent aux principaux pro-

1. Voir sur la mythologie germanique : Dasent, Prose or Younger Edda (Stockholm, 18*2), le Corpus poeticum Boréale déjà cité. J. Grimm. Deutsche Mythologie, 4« édit., 3 vol. 1875- 1878. [H. B. Anderson, Mythologie Scandinave. Légendes des Eddas, trad. frauç. par M. Jules Leciercq. Paris, Leroux, 1886. 1 Les mythes germaniques sout rares par suite de la conversion des Gerinaius au christianisme avant que l'ancienne littérature ait pu être préservée. Les principales sources d'iuformations sont quelques notices obscures dans Ijs écrivains classiques et des survivances dans le Folklore du moyen âge et des temps modernes. Les noms des dieux inoutreut que la mytuoiogie germanique ne différait pas trop daus la iorme de la mythologie Scandinave. Les contes de brimm et les autres collections de ce geure ont plutôt rapport aux mythes héroïques qu'aux légendes divines.

blêmes que présente l'univers à la curiosité des hommes inférieurs. Les questions qu'ils se posent, et auxquelles ils font des réponses mythiques, sont les suivantes : Quelle est l'origine du monde ? Celle de l'homme? D'où dérivent les arts de la vie? D'où viennent les étoiles, le soleil et la lune? Quelle est la cause de la mort? Comment l'homme se procura-t-il le feu ? La question de l'origine des traits et des caractères particuliers des animaux et des plantes a aussi donné naissance à une classe de mythes : ou bien les plantes et les animaux sont des êtres humains métamorphosés, ou bien ils rappellent quelque aventure mémorable. Des exemples de toutes ces catégories se trouvent chez les sauvages et dans les légendes des anciennes civilisations.

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