‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 107 sur 151 · HISTOIRE DU PREMIER MINOS, DE RHADAMANTHE ET DE SARPÉDON · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU PREMIER MINOS, DE RHADAMANTHE ET DE SARPÉDON

Quelques anciens, et pUisieiirs modernes d après eux, ont peint Minos tantôt comme un législateur plein de sagesse et de justice, tantôt comme un tyran cruel. La chronique de Paros explicjue très-bien cette contradiction , en démontrant que Ton doit compter deux INIinos. Le premier, fils de Jupiter Astérius et d'Europe, eut pour frères Rbada-manthe et Sarpédon. Il régna sur 1 île de Crète a])rès la inort dAstérius.

Ce prince épousa Itlione , dont il eut pour fils Lycaste, qui lui succéda , et une fille nommée Acacallis. Minos premier gouverna son peuple avec beaucoup de douceur; et la ville de Crète , peu connue jusqu'alors , devint très-célèbre sous son règne A Tépoque onzième , les marbres de Paros font mention de deux villes qu'il bâtit : celle d'^pollonie , et celle de Miiioia Lictia.

Les lois établies par ce prince Font fait regarder comme Fun des plus grands législateurs de l'ajitiquilé : pour leur donner plus de force, et les rendre plus sacrées, il feignait que son père Jupiter les lui dictait secrète-

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ment dans un antre de lîle de Crète dans lequel il se retirait. On doit remarquer que presque tous les anciens législateurs ont cru nécessaire de donner une origine céleste à leurs lois. Zoroastre avait son génie; Numa Pompilius sa nymphe Egérie. Pythai^ore publia qu'il était descendu dans le royaume de Pluton. Epiménides dit c[u'il avait dormi pendant cinquante ans dans un antre de l'île de Crète, et que j^endant son sommeil Jupiter lui avait dicté les lois qu'il proposait. Ces grands hommes avaient très-bien senti que l'autorité d'un seul , et même la puissance royale , ne pouvaient suffire lorsqu'il s'a£?issait d'enchaîner les passions, et d'inspirer un respect religieux pour les lois. Cette prévoyance les conduisit sans doute à chercher un appui dans le ciel ; mais il est probable aussi qu'ils avaient quelque connaissance de la manière éclatante dont le vrai Dieu d^nna à Moïse les tables de la loi sur le mont Sinaï ; la tradition s'en était répandue généralement et tout porte à croire que chacun d'eux prit pour modèle le législateur des Hébreux.

Tous les neuf ans Minos allait s'enfermer dans l'antre de Jupiter, pour apprendre de nouvelles choses , et former ses lois ou bien leur ajouter, suivant que les circonstances l'exigeaient, et que l'expérience le conseillait. Tome ii. 3

Par la suite des temps , cette espèce de sanctuaire fut nommé Vautre de Jupiter.

L'antiquité respectait tellement les lois de Minos, que Lycurgue alla s'instruire en Crète , et ce fut de ce pays qu'il rapporta prèsque toutes les lois qu'il fit adopter aux Lacédémoniens. Josepli trouvait cpie Minos seul pouvait être comparé à Moïse. Cet éloge ne peut être suspect lorsqu'il est accordé par un historien juif.

Minos était fils d'une princesse de Phenicie ; il conserva toujours des relations avec ce pays. Ce fut probablement par ce moyen qu'il eut connaissance des lois de Moïse , et qu'il put les prendre quelquefois pour modèles des sienn^es. Après avoir gouverné son peuple avec beaucoup de douceur et de sao-esse, il mourut dans l'île de Crète; on écrivit sur sa tombe : Minos , fils de Jupiter. Par la suite des temps , les Cretois , voulant faire croire que ce tombeau était celui de Jupiter même , eilacèrcnt le nom de Minos.

Les poètes, pour mieux célébrer l'équité de ce prince, le peignirent comme le premier^, juge des enfers; Éaque et Rbadamantlie jugeaient avec lui , mais l'un et l'autre cédaient la suprématie à Minos. On le représentait avec un sceptre, ])Our la désigner, et l'on plaçait près de lui l'urne cjui contenait le sort des humains.

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Les marbres d'Arundel ou de Paros placent l'époque du règne de ce prince au même temps que celui du roi d'Athènes Pandion premier.

Rhadamanthe , frère de Minos , était regardé comme l'homme le plus sage , le plus modeste et le plus soLre de son temps. Sa rare prudence et ses vertus le firent souvent consulter par son frère, lorsqu'il composa ses lois et voulut les faire exécuter. Minos l'envoya les porter d;ms les îles de l'Archipel. Rhadamanthe conquit plusieurs îles voisines , par la seule puissance de sa persuasion et de sa sagesse. Son amour de la justice inspira aux poètes de le placer parmi les juges des enfers.

Sarpédon , frère de Minos et de Rhadamanthe, voulut disputer la couronne de Crète ; il fut vaincu et forcé de se retirer dans la Carie , où il bâtit la ville de Milet. Ensuite il pénétra plus avant dans l'Asie, et vint au pays des Myliades , qui , jjeu de temps après , se nomma Lycie , du nom de Lycus , fils de Pandion et frère d'Egée , qui s'y retira.

Il ne faut pas confondre ce Sarpédon avec celui dont parle Homère , qui régna dans la Lycie un siècle après le premier, et conduisit au siège de Troie les Lyciens , habitans des bords du Xanthe.

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