‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 112 sur 151 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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cliyros, OÙ Ion trouve le marais Jchérusiu et les flemes y^héron et Cocjte. Les poètes publièrent qu il était descendu dans les enfers pour enlever Proserpine; qu'il y avait été enchaîné par PkUon, et qu'il n'avait pu obtenusa liberté qu'à la prière dHercule.

Thésée épousa plusieurs femmes. La première fut yinlhiopc ou llippoljle , reine des Amazones, et mère de cet Hippolyte dont nous avons rapporté l'histoire. Hercule la donna en mariage à Thésée , pour le récompenser de l'avoir aidé h combattre les Amazones. Sa seconde femme fut Phèdre , fille de Minos second, devenue si célèbre par sa passion coui^able et funeste pour le jeune Hippolyte.

Pendant la captivité de Thésée, 1 ingrat peuple d'Athènes oublia tous ses bienfaits et favorisa ses ennemis. Castor et Pollux vinrent à la tête d'une armée reprendre leur sœur Hélène. Cette guerre fut nommée des Tyndarides.

>our mieux faire connaître lingratitude des Athéniens , il est nécessaire de rappeler re que Thésée avait fait pour eux. H avait rassemblé les douze bourgades de lAlt.que dans la seule ville d'Athènes, et ne faisait plus de lois sans les consulter. Cette forme uouvcUe de gouvernement excita la cunosite

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générale, on accournt à Athènes de toutes les parties de la Grèce. Thésée craignit que le trop grand nombre d étrangers ne nuisit à Tordre public ; il divisa le peuple en trois corps. Le premier fut composé de nobles , le second, des artisans, et le troisième, des laboureurs. Tous obtinrent de Thésée les privilèges c[u'ils crurent utiles à leur bonheur, il ne se réserva que le choit de veiller à la sûreté des lois. Ce fut alors qu il introduisit le culte de la déesse Pitho ou la Persuasion, afin qu'elle réunît tous les intérêts et tous les esprits. 11 renouvela les jeux isthmiques en l'honneur de Neptune ; il donna tous ses soins à la religion, il sentit quelle seule pouvait opposer un frein suffisant aux passions humaines. Il institua des fêtes auxquelles on pouvait se rendre av ec sûreté , parce c[u'à l'exemple d'Hercule il av^^it purgé la Grèce des scélérats et des hé tes féroces qui l'infestaient auparavant.

Thésée, en faisant la réunion des douze bourgades de l'Attique , n'av ait songé qu'à rendre les Athéniens plus puissans, et n'avait pas prévu que ce bienfait détruirait son propre pouvoir. Chaque bourgade, avant ce moment, avait ses intérêts particuliers . et ne songeait point à gouverner, parce qu'elle redoutait les autres bourgades que Thésée pouvait em-

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ployer pour la maintenjrdansl obéissance. Lors de la réunion, Thésée n'eut plus aucune force à sa disposition. Il ne s'était réservé que la surveillance des lois; il ne pouvait plus forcer à les suivre. Ce bienfait imprudent détruisit sa puissance. Vainement il crut enchaîner les Athéniens par la reconnaissance , vainement il augmenta les privilèges du peuple. On reconnut qu'il ne pouvait plus contraindre à l'obéissance ; le peuple voulut gouverner par luimême, et tous les essais que fît Thésée pour conserver ses droits parurent des actes tyranniques ou arbitraires. Il semblait que Thésée, comblé de travaux et de gloire, n'avait plus qu'à jouir de la reconnaissance pid^lique ; les Athéniens , jaloux de l'ombre de pouvoir qu'il s'était réservé , se fatiguèrent du respect qu'ils lui devaient ; ils favorisèrent ses ennemis , l'abandonnèrent lâchement, et le forcèrent à s'exiler. Il reconnut l'impossibilité de gouverner un peuple corrompu , qui voulait sans cesse être flatté. Il envoya secrètement ses enfans dans l'Eubée , chez Elphénor , fils de Chalcodon , et se rendit lui-même au bourg de Gagette , où il adressa aux dieux ses malédictions contre les ingrats Athéniens. Ce lieu se nomme encore aujourd hui le Champ des Malédictions.

Thésée s'embarqua pour se rendre à la cour

de Lvcoraède roi de l'île de Scyros. Ce lâche ami des Athéniens ne sembla le bien accueillir que pour le perdre plus sûrement. Sous le prétexte de lui montrer l'étendue de l'île et ses flottes nombreuses , il le fit monter sur un rocher très-élevé , d où il fut précipité. Ce fut ainsi que périt l'un des plus illustres héros de l'antiquité.

Sa mort arriva pendant la treizième année du réîine de Mnesthée. Ce ne fut qu'après la mort de ce roi que les enfans de Thésée retournèrent à Athènes et remontèrent sur le trône : ces faits sont attestés par les marbres de Paros.

La puissance des Athéniens ne fut pas assez grande pour empêcher la Grèce et l'univers de conserver le souvenir de la gloire de Thésée. Après sa mort , on se rappela ses actions et sa grande piété envers les dieux ; on lui rendit les honneurs accordés aux héros ; on lui bâtit même des temples : enfm, plusieurs siècles après, les Athéniens placèrent parmi les dieux le héros qui était né parmi eux.

Thésée pendant sa vie avait , à l'imitation de Bacclîus , consacré sa chevelure dans un temple d'Apollon. On nomma sa coifïurc théséïde , comme on nommait bachique celle de Bacchus. Hector les imita par la suite des

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temps; cette coifïure consistait à avoir les cheveux coupés très-courts.

Thésée eut de Phèdre un fils célèbre nommé Démophoon. En allant à la guerre de Troie, il fut accueilli par Phyllis , reine de Thrace et fille de Lycurgue , roi dans le même pays. Démophoon l'épousa ; mais , r.iyant bientôt ahandonnée cette malheureuse épouse ne put soutenir les douleurs de l'absence, elle se donna la mort. Les poëtes publièrent quelle avait été chanirée en amandier. Le nom de Phjllis^ presque semblabie à celui de Phjlla^ amandier^ il sea\ donné lieu à cette fable. Les poëtes ajoutèrent que Tainandier fleurit au commencement du printemps , parce cjuePhillis témoigna de cette manière la joie que lui causait le retour de Démo])hooa , lorsqii'ellele vit reveuir au printemps.

Sous l'archontat de Phédon , Cimon persuada aux Athéniens de faire des recherches pour retrouver les restes du grand Thésée. Un aigle qui béquetait la terre , fit découvrir un tombeau dans lequel on trouva les cendres et les armes de ce héros. Les Athéniens les reçurent avec le plus grand respect, et les firent placer au milieu de leur ville.

Thésée , pendant sa vie , s était toujours montré le défenseur des malheureux; jamais on n'avait imploré vainement son secours ; il

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fut décidé que la place de sa sépulture deviendrait à jamais un asile inviolable et sacré pour tous ceux qui craignaient la violence de leurs persécuteurs, de sorte que , long-temps même après sa mort , Thésée fut encore le bienfaiteur de l'humanité et le protecteur des malheureux.

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