‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 125 sur 151 · Tome ii. o · texte numérisé non relu

Tome ii. o

Les temples des anciens étaient composés de diiïérentes parties , qu'il est bon de connaître pour entendre les descriptions qu'ils en font,

La première était le uestibule , dans lequel se trouvait la piscine ; elle servait à contenir l'eau lustrale que les prêtres employaient à purifier et expier ceux qui voulaient entrer dans les temples ; la seconde partie était la nef; la troisième était le //e^^ saint, dans lequel les particuliers ne pouvaient entrer; la quatrième partie, enfin , était l'arrière-temple. Cette dernière partie n'était pas générale pour tous les temples ; mais tous avaient des portiques et des marches pour y monter. L'intérieur des temples était toujours très-orné. On y plaçait les statues des dieux , qui souvent étaient d'or, d'ivoire, débène ou de quel, que matière précieuse. On y plaçait aussi les statues des grands hommes. On y voyait des dorures , des peintures , surtout des exi'Oto , tels que des proues de vaisseaux , lorsqu'on avait échappé au naufage ; les armes prises sur les ennemis, des trophées, des boucliers, des trépieds. On les recuedlait dans ces temples, que l'on ornait encore de branches d'olivier ou de lierre pendant les jours de fête.

A Rome , avant de oonslriiire un temple,

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les aruspices clioisissaient le local où il serait bâti. Ou purifiait ce terrain , on l'entourait de rubans et de couronnes. Les vestales , accompagnées de jeunes filles et de jeunes garçons , lavaient cet espace avec de l'eau pure; le pontife l'expiait par un sacrifice solennel: ensuite il touchait la pierre qui devait servir de premier fondement ; elle était' liée d'un ruban. Après ces cérémonies, le peuple prenait cette pierre et la jetait dans la fosse avec des pièces de métal qui n'avait point passé au creuset. Lorsque lédifice était achevé, on le consacrait avec les plus grandes cérémonies.

On ne pouvait rien ajouter au respect que les anciens avaient pour leurs temples. Arien dit qu'il était défendu d'y cracher et de se moucher. Quelquefois on y montait à Genoux. Ils servaient d'asile pour les débiteurs et les coupables. Dans les calamités publiques , les femmes se prosternaient dans le lieu sacré , et le balayaient avec leurs cheveux. Quelquefois cependant lorsque les prières paraissaient insuffisantes pour arrêter le fléau , les peuples furieux perdiiient tout respect et profanaient les temples.

Nous ne donnerons pas la descri^ition des temples de l'Egypte. Les plus célèbres, après

celui de Bélus , dont nous parlerons bientôt, étaient celui de Jupiter à Thèbes ou Diospolis; celui d'Andera; celui de Protée à Memphis , et celui de Minerve à Sais.

Les ouvrages des Egyptiens avaient 1 e véritable caractère de la grandeur. Ils aimaient les figures colossales , et n'employaient que des pierres immenses , quoiqu'il faUùt les tirer des carrières d'Eléphantine , ville éloignée de Sais de vingt journées de navigation.

On peut citer pour exemple la fameuse chapelle qu'Amasis avait fait construire dans la Haute - Egypte , et qu'il fit transporter à Sais avec des soins et des peines incalculables pour la placer dans le temple de Minerve.

Ce que j'admire le plus , dit Hérodote , parmi les ouvrages construits par l'ordre d'Araasis , c'est le temple d'une seule pierre, que deux mille pilotes et marins ne purent transporter d'Eléphantine à Sais qu'en trois années de temps. Ce temple , ou plutôt cette chapelle , avait de face vingtune coudées sur quatorze de largeur et huit de hauteur.

Les dimensions de cette chapelle encore existante sont , d'après M. Savary , dans ses Lettres sur l Egypte, infiniment plus

considérables que ne le dit Hérodote. Lidée que nous avons aujourd'hui des arts et des forces mécaniques se confond devant de pareils ouvrages ; et nous les rangerions au nombre des fables, si la vue de ces colosses qui ont bravé tant de siècles n'attestait leur existence.

Au reste, cette chapelle ne fut point placée dans le temple de Minerve. Hérodote assure que le sage Amasis regretta d'avoir commandé un travail si pénible , et le fit abandonner à la porte du temple, parce qu'un ouvrier avait péri devant lui. Belle leçon d'humanité, mais trop tardive !

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