‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 126 sur 151 · TEMPLE DE BELUS · texte numérisé non relu

TEMPLE DE BELUS

Ce temple , le plus ancien du paganisme, était aussi le plus singulier par sa structure. Bérose, au rapport de Josèphe, en attribue la construction à Bélus; mais, si ce Bélus est le même que Nemrod (comme il est très-vraisemblable), il voulut moins bâtir un temple qu'élever une tour pour mettre à l'abri d'un second déluge son peuple et lui. On sait de quelle manière Dieu arrêta ce dessein insensé. Cette fameuse tour , nommée tour de Babel , formait dans sa base un carré , dant chaque

côté contenait un stade de longeur. ( Le stade avait cent vingt toises, ce qui donnait un demi-mille de circuit. )

Tout l'ouvrage était composé de huit tours bâties l'une sur l'autre, et qui allaient toujours diminuant. Quelques auteurs , trompés ]>ar la version latine d'Hérodote, prétendent que chacun de ces étages avait un stade de hauteur, ce qui aurait porté 1 élévation du tout à un mille ; mais le texte ^rec ne fait aucune mention de cette prodigieuse hauteur; et Strabon , qui fait aussi la description de ce temple, ne lui donne qu'un stade de haut et un de chaque côté.

Du temps d Hérodote, le seul des anciens ([ui ait vu cet édifice, le stade n était composé que de soixante-neuf de nos toises. Cette élévation se rapproche davantage des mesures que nous pouvons concevoir. D'après cette proportion même, cette tour s'élevait de cent vingt pieds au-dessus de la plus haute des pyramides. Elle était bâtie en brique , comme nous l'apprend l'Ecriture, et les rapports des anciens le confirment : on montait au haut du bâtiment par un degré tournant qui était en dehors. Ces huit tours formaient autant d'étages. On y avait pratiqué de grandes chambres soutenues par des piliers. Autour de ces grandes chambres , on en trouvait de

plus petites , où se reposaient ceux qui montaient.

La chambre la plus élevée était aussi la plus ornée, et celle pour laquelle on avait le plus de vénération. Dans cette chambre, dit Hérodote , on voyait un lit superbe , une table d'or massif, et point de statues.

Jusqu'au temps de Nabuchodonosor , ce temple ne contenait que la tour et les chambres dont on vient de parler ; mais ce monarque, au rapport de Bérose , lui donna beaucoup plus d'étendue par les édifices qu'il fît bâtir autour, ainsi qu'un mur qui enfermait le tout. On y entrait par des portes d'airain, à la construction desquelles Nabucliodonosor avait employé la mer d'airain et les autres ustensiles de même métal qu'il avait enlevés de Jérusalem. Cette tour de Bélus subsistait encore au temps de Xercès. Ce monarque des Perses , après sa malheureuse expédition contre la Grèce, pilla les immenses richesses de ce temple , et le fît ensuite démolir.

Parmi les statues d'or il y en avait une de quarante pieds de haut. C était probablement celle que Nabuchodonosor avait consacrée dans les plaines de Dura. Diodore de Sicile donne quarante pieds à cette statue ; l'Écriture Sainte lui eu donne quatre-vingt-dix ;

mais on peut l'entendre de la statue et du piédestal pris ensemble.

On voyait dans le temple de Bélus plusieurs idoles d'or massif, et un grand nombre de vases sacrés du même métal , dont le poids , selon Diodore de Sicile, montait à plus de cinq mille talens. Le temple dont il parlait était celui que Nabuchodonosor avait agrandi, et auquel il avait joint la statue d'or de quarante pieds. Que l'on juge, d'après cela, de ses richesses immenses. Quant à celui dont Hérodote fait la description, il dit que, dans une cbapelle basse de ce temple , était une grande statue de Jupiter, en or; mais il n'en donne ni le poids ni la mesure : il dit seulement que les Babyloniens l'estimaient huit cents talens. Le même Hérodote ajoute que , près de cette chapelle , en dehors , on trouvait un autel d'or sur lequel on n'immolait que des animaux qui venaient de naître. Près de là était un grand autel , sur lequel on brûlait tous les ans des parfum.s , dont le poids montait à plus de cent mille talens. Enfin, il fait mention d'une seconde statue, haute de dix-huit pieds, également en or.

Ce temple, si surpreniint par sa construction et par ses richesses, était consacré à la mémoire de Bélus. L Egypte en possédait

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d'autres plus anciens ; mais ils étaient érigés en l'honneur des dieux ; Hérodote cite, entre autres , celui de Vulcain, construit par Menés, le premier qui régna dans l'Egypte après le temps où les Égyptiens prétendaient que les dieux seuls régnaient sur eux.

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