‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 129 sur 151 · TEMPLE D'APOLLON A DELPHES · texte numérisé non relu

TEMPLE D'APOLLON A DELPHES

Ce temple n^égalait point par sa structure celui de Jupiter Olympien ; mais il était encore plus riche par les immenses présens qu'on y envoyait de toutes parts. Aucun de ses orneraens cependant ne pouvait être comparé au trône et à la statue de Jupiter Olympien.

Une caverne d'où sortaient quelques exhalaisons qui causaient une sorte d ivresse à ceux qui s'en approchaient , donna , comme nous l'avons dit précédemment . naissance à

l'oracle de Delphes. On commença par couvrir cette caverne avec des branches de lauriers ; une chapelle succéda , et peu de temps après on y bâtit un temple de cuivre , à l'imitation sans doute de la chambre d'airain dans laquelle Acrisius avait fait enfermer sa fille Danaé. Ce tenijole fut détruit par un tremblement de terre ; il fut englouti dans une crevasse. On le remplaça par un autre édifice, dont Agamède et Trophonius furent les architectes. Les flammes consumèrent ce nouveau temple dans la première année de la cinquante-huitième olympiade. Enfin le dernier, qui subsistait encore au temps de Pausanias , était infiniment supérieur aux anciens, et avait été construit par les soins des Amphictyons, avec les deniers et les dons que les peuples avaient destinés pour cet usage.

Pour avoir une idée des richesses qu'il pouvait réunir , il faut observer qu'en allant consulter l'oracle on espérait y puiser des connaissances sur l'avenir ; et l'on n'obtenait aucune réponse, si l'on n'avait point d'abord fait un présent considérable qui put servir à l'ornement du temple. Que l'on juge du nombre des offrandes , en se rappelant linquiétude si naturelle que porte l'homme au fond de son cœur , et l'avidité avec laquelle il cherche à prévoie Le sort q^ui l'attende

Tout fut grand dans les motifs qui firent construire le temple de Jupiter Olympien. On voulut que l'édifice pût donner une idée de la majesté divine. On employa tout ce que les arts réunissaient de plus sublime ; et le génie de Phidias ayant en quel([ue sorte fixé les convenances et le goût , on n'osa placer à côté de ses chefs-d'œuvre que les ouvrages qui semblaient s'en rapprocher le plus. C'est ainsi que l'exemple d'un grand homme suffit souvent pour entraîner son siècle et Téclairer.

Dans le temple de Delphes , toutes les passions , toutes les curiosités^ toutes les inquiétudes , étaient admises à présenter leurs offrandes. Elles durent se multiplier à l'infini , car rien n'était refusé ; mais presque toutes durent avoir l'empreinte minutieuse et sans accord , qui ne se sépare jamais de l'intérêt personnel et des petites passions.

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