DES JEUX
Les jeux furent presque toujours institués par des motifs de religion ; ils étaient en même temps une sorte de spectacle chez les Grecs et chez les Romains.
Trois sortes de jeux ou d'exercices occupaient principalement les Romains; la course ^ les combats et les spectacles. Les premiers , nommés Jeux équestres ou curules , consistaient en des courses qui se faisaient dans le cirque dédié à Neptune ou au Soleil. Les seconds, appelés agonales , étaient des luttes ou des combats entre des hommes et quelquefois des animaux dressés à cet usage. Ils avaient lieu dans l'amphithéâtre consacré à Mars et à Diane. Les derniers jeux étaient les scéuiqaes , qui consistaient en tragédies, comédies et satires , qu'on représentait sur le théâtre , en l'honneur de Bacchus , de Vénus et d'Apollon.
Les jeux de la Grèce les ])lus célèbres furent les olympiens , les pythicns , les néliiéens et les isthmiens. Us furent institués pour honorer les dieux , célébrer la mémoire des grands événcmens , et former la jeunesse aux exercices du corps. On distinguait dans ces jeux cinq manières d y procéder : i". la
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musique et le chant; 2°. la course, qui se lit d'abord à pied , ensuite sur des chariots ; )°. le saut et le disque , qui était une pierre fort pesante que l'on s efforçait de lancer le plus loin possible ; 4"^. la lutte, qui consistait à réunir toutes ses forces pour renverser son adversaire : les combattans étaient nus, se frottaient le corps d huile , et répandaient sur eux une poussière très-fine , pour empêcher la sueur ; 5'^. le ceste , ou l'escrime à coups de poings. Pour le ceste , on s'armait les mains de grosses courroies de cuir de bœuf, et d'une espèce de brassard nommé le ceste.
Nous avons déjà rapporté l'histoire de l'origine des jeux olympiques , l'époque où ils furent institués , et celle où ils furent renouvelés. Ils commençaient par un sacrifice solennel ; on y accourait de toutes les parties de la Grèce. Les vainqueurs étaient nommés à haute voix par un héraut , et célébrés par des chants de victoire. Ils portaient une couronne triomphale. Ils avaient les premières places dans les assemblées ; leur ville leur faisait de riches présens; et, pendant le reste de leurs jours , ils étaient entretenus aux dépens du trésor public.
Le premier qui remporta le prix de la course fut Chorèbe, natif d'ÉUde.
Cynisque , fille du roi Archidamus , fut la première de son sexe qui gagna le prix de la course des chariots à quatre roues. On célébrait alors la seizième olympiade , et depuis ce temps les dames purent se mêler dans les jeux.
Avant Cynisque , ou Cynisca , les femmes ne pouvaient approcher des lieux où se célébraient les jeux. Tout essai téméraire les aurait fait précipiter du haut du mont Typée; et, pour éviter toute espèce de surprise , on combattait nu. On prit cet usage , parce que Callipatire , après la mort de son mari , s'habilla à la façon des maîtres d'exercice, et conduisit elle-même son fils Pisidore à Olympie. Le jeune homme ayant été déclaré vainqueur, sa mère sauta par-dessus la barrière , et alla le serrer dans ses bras en le nommant son fils. On lui pardonna cette infraction à la loi en considération de son père , de ses frères et de son fils , qui avaient tous été couronnés à ces mêmes jeux ; mais depuis ce temps les maîtres d'exercice n'y pouvaient paraître que nus , comme les combattans. Les juges des jeux se nommaient Jleliaiiorliqiies , ou juges des Grecs. Jamais on n'appelait de leurs décisions. Ils n'étaient d'abord que deux ; maison porta leur nombre jusqu'à dix , pour rendre plus difficile le moyen de les corrompre.
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Le monde prodigieux que la célébration des jeux attirait àOlympie avait enrichi cette ville et toute 1 Elide. Ce fut une des principales causes de la magnificence et de la richesse du temple de Jupiter Olympien. Autour de ce temple était un Lois sacré , nommé \Altis , dans lequel on trouvait les statues érigées en l'honneur de ceux qui avaient remporté les prix dans ces jeux. Elles étaient toutes de la main des sculpteurs les plus célèbres de la Grèce.
Les odes de Pindare qui nous restent immortalisent ceux c|ui , de son temps , avaient triomphé dans les quatre jeux les plus solennels des Grecs : les olympiques , les isthmiques , les pythiques €t les néméens.
Le comble de la gloire et des honneurs était d'être chanté par Pindare. Son génie , dit Bacon , était un sceptre impérieux avec lequel il subjuguait et frappait les esprits.
Les descendans d'Hellen furent si nombreux , et devinrent si puissans dans la Grèce, qu'ils firent établir une loi par laquelle il fallait tenir à cette famille par les liens du sang, pour être admis à concourir aux jeux olympiques. Alexandre lui-même fut forcé de prouver qu'il descendait des Hellen , avant d'ètr« reçu à entrer en lice dans ces jeux.
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Toutes les Aimilles grecques dès lors prétendirent descendre des Hellen , et ce nom particulier à un seul peuple devint le nom ffénéral des Grecs.
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