‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 22 sur 151 · DES VESTALES ; DE VESTA , DÉESSE DU FEU ET DE LA VIRGIMTÉ · texte numérisé non relu

DES VESTALES ; DE VESTA , DÉESSE DU FEU ET DE LA VIRGIMTÉ

NuMA PoMPiLius éleva un autel à Vesta , fille de Saturne , et institua les célèbres prê^ tresses qui portèrent le nom de Vestales; il n'en avait dalîord institué que quatre; mais , par la suite, leur nombre fut augmenté jusqu'à sept.

Les vierçfes romaines destinées au culte de Vesta étaient choisies dej)uis l'âge de six ans jusqu'à dix. Leur naissance devait être sans tache , et leur corp sans défauts.

Le temps de leur consécration à Vesta durait treutç années , pendant lesquelles elles étaient vouées à la virginité ; ce n'était qu'après ce terme qu'elles étaient libres de leur sacerdoce , et pouvaient se marier.

Pendant les dix premières années, on les instruisait des fonctions de leur ministère; elles les exerçaient pendant les dix secondes ; et pendant les dix dernières elles instruisaient les novices.

Le principal emploi des vestales consistait à entretenir sans cesse le feu sacré qui brûlait en l'honneur de Vesta. ( /*'%. 5. ) Tous les ans , aux calendes de mars , ce feu se renouvelait aux rayons du soleil.

92 LA MYTHOLOGIE COMPAKÊE

On attachait une telle importance à la conservation du feu sacré, que, lorsqu'il venait à s'éteindre, on interrompait tous les exercices publics. Cet événement causait un deuil général ; on en tirait les plus tristes présages ; tous les yeux cherchaient attentivement la cause de ce malheur public ; on se livrait à tous les soupçons , et quelquefois ils tombaient sur les vestales. Il était difficile d'échapper aux recherches ; et, si l'une d'elles avait manqué à ses vœux , rien ne pouvait la soustraire à la mort : on l'enterrait vivante. Ce fut dans une de ces occasions qu'Emilie, l'une des vestales, ayant été soupçonnée, jeta son voile au milieu de la cendre sacrée, et le feu se ralluma sur-}e-champ.

On croit qu'Enée fut le premier instituteur des vestales, et que Numa Pompilius ne fit que les rétablir. L'opinion commune était qu'outre le feu sacré on conservait dans le temple de Vcsta le Palladium, les dieux pénates et d'autres images des dieux que le pieux Enée avait rapportés de Phrygie , et qu'il avait sauvés des ruines de Troie.

Ces dépôts précieux étaient regardés comme nécessaires à la conservation de Rome ; et ce fut pour les préserver, que Gécilius Métellus se précipita dans les flammes qui consumaient le temple des vestales , tandis que ces timides

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prêtresses s enfuyaient. Les Romains récompensèrent son généreux dévouement, en lui faisant élever clans le Capitole une statue sur laquelle était une inscription honorable.

Il est certain que le culte de Vesta et du feu avait été apporté de Phrygie par Enée et par les Troyens qui l'accompagnaient ; mais les Phrygiens eux-mêmes l'avaient reçu de l'Orient. Les Chaldéens avaient une grande vénération pour le feu , qu'ils regardaient comme une divinité. 11 existe dans la province de Babylone une ville consacrée à cet usage, que Ion nommait la ville d'Ur ou de Jeu. Les Perses étaient encore plus superstitieux sur ce point que les Chaldéens : ils «ivaient des temples nommés Pyrées , uniquement destinés à conserver le feu sacré.

Virgile fait remarquer le soin que prit Enée d emporter avec lui le feu sacré , avant de quitter le palais de Priam son père. Il ajoute que le nom Vesta est le même que celui Esta.^ donné par les Grecs au feu.

Le savant M. Hyde nous apprend que ce fut ce nom qui porta le fameux Zoroastre à donner le titre A A vesta , ou garde du Jeu , à celui de ses livres où il parle du culte du feu,

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