‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 34 sur 151 · ToME I · texte numérisé non relu

ToME I

146 LA MYTHOLOGIE COMPAUÉE

sentait remplissant cette fonction , on la voyait assise, tenant d'une main un enfant eminailîotté , et une fleur dans l'autre , ou bien avec un fouet et un sceptre. Pendant les fêtes apjjeîées Lupercales , les femmes désiraient être frappées avec ce fouet.

A Rome , elle avait un temple auguste sous le nom de Maluta , un autre à Samos sous celui de Sainia; quelquefois on la nommait la Terre comme on donnait à Jupiter le nom de pluie ou d'à//-, parce que Tun et l'autre «ausent la fertilité de la terre.

De toutes les divinités du paganisme, il n'y en avait point dont le culte fût plus solennel et plus répandu. Les prodiges qu'elle avait opérés , et ses vengeances lorsqu'on l'avait oubliée ou lorsqu'on avait osé se comparer à elle , avaient inspiré tant de crainte et de respect , qu'on n'oubliait rien pour l'honorer et la fléchir; de sorte que son culte était presque plus général que celui de Jupiter. On le trouvait dans l'Europe, l'Asie, l'Afrique, et surtout dans la Syrie et dans l'Egypte ; mais il faut remarquer que la Junon d'Egypte était lamême qu'lsis et Astarté.

Les oisotis, l'épervier et le paon étaient ])articulièrement consacrés à Junon. Chez les l'^gvptieus , c'était le vautour. Parmi les plantes , on lui oilVait le dictamc et les pa-

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vots. Dans les sacrifices , un agneau femelle était la victime la plus ordinaire qu'on lui sacrifiait.

Le respect pour cette déesse allait si loin , que chacun ayant son génie, celui des femmes se nommait /i</zo//.

Gléobis et Biton, deux frères célèbres par leur piété , s'attachèrent au char de leur mère , un jour où elle devait aller au temple de Junon. Ils la traînèrent pendant un trajet de quarante stades. Cette mère reconnaissante pria Junon de les récompenser dignement de leur piété. Après avoir offert leur sacrifice, ils allèrent prendre leur repas, et s'endormirent paisiblement. La mort vint les surprendre pendant leur sommeil. Depuis ce temps, les habitans d'Argos regardèrent la mort comme le repos le plus parfait et le plus grand des biens. Ils élevèrent à Cléobis et à Biton deux statues, qui les représentaient traînant le char de leur mère.

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