HISTOIRE DU SOLEIL
Les Grecs et les Romains confondaient presque toujours le Soleil avec Apollon. Platon assure qu'il est le même que le Soleil. Cicéron dit que le soleil et la lune sont deux divinités , dont l'une s'appelle Apollon et l'autre Diane. Plutarc£ue dit la même chose.
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iMalgré ces autorités, les marbres fl'Arundel et tous les anciens moniimens prouvent qu'il faut distiniiuer l'un de l'autre.
On peint toujours Apollon sous la Ggure d'un jeune homme qui tient un arc ou une lyre à la main , tandis que le soleil est représenté avec la tète environnée de rayons , tenant un globe d'une main ( fig. 10); ce que l'on n'observe jamais dans les représentations d'Apollon. Le culte du Soleil est le premier de tous les cultes idolâtres ^ nous l'avons déjà désigné sous le nom de Sabisme. Les Egyptiens ,les Phéniciens, les x\rabes , les Perses, adoraient le .Soleil, long -temps avant que l'Apollon des Grecs fût connu.
Tous les peuples de l'Orient l'adoraient : les Chaldéens et les Phéniciens, sous le nom de Bélus ; les Egyptiens sous celui à'Osin's et d'IIorus son fils ; les Ammonites , sous celui de Moloch ; les Perses^ sous celui de Jlithras ; les seuls Grecs et les Romains confondirent ensemble ces deux divinités.
Le soleil était particulièrement adoré dans lîle de Rhodes. Ses habitans lui élevèrent une statue colossale de cent pieds de hauteur, faite avec de l'airain. Elle était une des sept merveilles du monde, et fut renversée par un tremblement de terre. L'histoire dit que les Sarrasins , ayant pris cette île, char-
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gèrent neuf cents chameaux des seuls débris de cette statue.
L'antiquité nous a consei'vé les noms des quatre chevaux qui traînaient le char du Soleil. Ovide les nomme Eoûs , Pji'oïs, Aéthon et Phlégon , noms grecs qui signifient le rouge ^ le lumineux ^ le resplendissant ^ et qui aime la terre. Le premier désigne le lever du soleil , dont les rayons sont rouges à cet instant ; le second marque le moment où les rayons sont plus clairs ; le troisième figure le midi , temps où cet astre est dans tout son éclat ; et le quatrième représente le coucher du soleil ; on le voit alors se rapprocher delà terre.
Le Soleil préside aux douze signes du zodiaque, et chacun de ces signes répond à un mois de l'année ; de sorte que le soleil les parcourt tous pendant le courant de l'année ; ce qui les a fait appeler les douze maisons du soleil.
Mars, signe du Bélier. Il représente celui sur lequel Phryxus et Hellé s'enfuirent pour échapper aux persécutions de leur marâtre.
Avril,, signe du Taureau. Il représente celui dont Jupiter prit la forme pour enlever Europe.
Mai , signe des Gémeaux. Ils représentent Castor et Pollux , fils de Jupiter et de Léda.
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Juin, signe de lEcrevisse. On croit quelle représente celle qui vint piquer Hercule tuant l'hydre de Lernc.
Juillet, signe du Lion. Il représente celui de la forêt de Némée, lue par Hercule, et dont la peau lui servait de manteau.
Août, signe de la Vierge ou Astrée. Pendant le siècle d'or , elle habitait la terre ; mais lorsqu'il fut fini , ne pouvant supporter la vue des crimes que les hommes commettaient , elle remonta dans le ciel .ivec les autres dieux ; elle fut la dernière à quitter la terre, et se relira dans la partie du ciel qui fait le signe de la Vierge.
Septembre, signe de la Balance. Elle représente la Justice , dont la balance doit toujours être parfaitement égale. Elle signifie aussi cjue dans ce mois les jours sont égaux aux nuits.
Octobre, signe du Scorpion. Il représente Orion , que Diane métamorj)liosa en cet animal.
Novembre, signe du Sagittaire. 11 représente le centaure Chiron, qui tirait de l'arc. Il avait été le maître d Hercule , et ce héros reconnaissant l'aimait beaucoup; mais, dans le combat des Lapithes contre les Centaures, Hercule le blessa involontairement avec une de ses flèches qui avait été trempée dans le
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sang de l'hydre. Cette blessure causa au centaure Chiron des dovdeurs si cruelles, quil désira de mourir, quoique immortel. Les dieux, touchés de ses plaintes, lui accordèrent sa demande. Il mourut , fut enlevé dans le ciel el placé parmi les signes du zodiaque.
Décembre, signe de la Chèvre. Elle représente la chèvre Amalthée, ou la princesse Mélisse , qui avait eu soin de l'enfance de Jupiter. Janvier, signe du Verseau. 11 représente Ganymède versant le nectar à Jupiter et aux dieux. 11 désigne aussi les pluies abondantes qui tombent pendant ce mois.
Février, signe des Poissons. Il représente les dauphins qui conduisirent Amphitrite à Neptune.
On ne se bornait point à \astro?iomie , le désir de pénétrer dans l'avenir fît imaginer V astrologie^ science mensongère, dont l'ignorance était la dupe , et dont lavarice de ceux qui Texerçaient savait tirer de grands profits. Les astrologues , pour se donner plus d'importance , prétendaient que chacun des signes du zodiaque répondait à une partie du corps humain.
Parmi les personnages placés au nombre des signes du zodiaque , il faut remarquer Orion , dont nous allons donner la fable.
Jupiter, Neptune et Mercure , faisant ensemble le tour de la terre, allèrent loger chez un certain OEnopéus ou Hyrieus ■ non- seulement cet homme les reçut très-bien; mais, pour les régaler , il tua le seul bœuf qui lui restait. Les dieux , admirant le bon cœur et la générosité de cet honnête homme, lui dirent qu'il obtiendrait tout ce qu'il voudrait leur demander. Il voulut avoir un fils sans être obligé de prendre une femme. Sa demande lui fut accordée ; les trois dieux firent naître Orion dans la peau de ce même bœuf qui avait été tué pour servir à leur repas. Ils le formèrent avec de la terre détrempée dans de l'eau. Orion devint un grand chasseur. Un serpent l'ayant bleésé , Diane, déesse de la chasse, le changea en la constellation qui porte son nom.
On croit qu'Orion était disciple d'Atlas, et qu'il apporta dans la Grèce la connaissance des mouvemens des cieux; ce qui porta les Grecs à le placer au nombre des signes du zodiaque. On attribuait plusieurs enfans au Soleil : Ééthès et Pasiphaé passaient pour être ses filles , ainsi que Rliodia , qui tira son nom de l'île de Rhodes. Les poètes disent que le jour de sa naissance il tomba une pluie d'or, et que les rosiers de Rhodes furent couverts de fleurs nouvelles.
Parmi les enfans du soleil , Aurore et Phaéton sont les deux plus célèbres.
Aurore ouvre tous les matins les portes du ciel; elle précède son père , et annonce son retour. Un jour elle enleva Tithon , fils de Laomédon , et pria les dieux de le rendre immortel. Ils cédèrent à sa demande; mais elle ne put obtenir qu'il ne vieillirait point. Titbon , sur de l'immortalité , ne songea qu'au bonheur qu'il trouvait près d'Aurore ; il oublia que le temps a des ailes , et qu'il entraîne dans sa course la beauté , la jeunesse. Ses ravages ne pouvaient atteindre Aurore , douée de tous les attributs des dieux, tandis que chaque jour, chaque instant précipitait Tithon vers la vieillesse. Les dégoûts qui l'accompagnent lui rendirent la vie insupportable ; il implora de nouveau le crédit d'Aurore auprès des dieux ; l'immortalité n'était plus pour lui c[u"un douloureux fardeau. Aurore en eut pitié, et le fit changer
en cigale.
Cette jolie fable des Grecs est une allégorie dont le but est de nous avertir que nous formons beaucoup de vœux indiscrets, et que, s'ils étaient tous exaucés , nous ne ferions souvent qu'éterniser nos malheurs et nos regrets.
De l'union de Tithon avec Aurore naquit
Memnon , qui secourut Priam dans la guerre fie Troie. 11 fut tué par Achille , et sa mère fit sortir de son bûcher des oiseaux que , depuis, on a nommés Memnonides.
Aurore fit un second enlèvement qui eut des suites cruelles. Céphale venait d'épouser Procris : leur tendresse était mutuelle , et rien ne manquait à leur bonheur. Le plaisir de la chasse entraînait souvent Céphale au milieu des bois avant que le jour parût. Aurore le surprit, et l'enleva dans son char. La vue de la déesse ne 1 empêcha pas de se livrer à tout le désespoir que lui causait sa séparation d'avec Procris. Aurore le renvoya sur la terre, et lui fît don d'un javelot qui ne manquait jamais le but vers lequel on le lanç.iit. L'amour de la chasse conduisit de nouveau Céphale au milieu des forêts; son épouse s'alarma de ses fréquentes absences, et craignit d'avoir de nouvelles rivales parmi les nymphes, ou même parmi les déesses. Elle alla se cacher au mdicu d'un épais feuillage, pour observer les démarches de son époux. Un mouvement involontaire, qui causa quelque bruit, tromj)a Céphale; le javelot fatal fut lancé , et p(!rça le conur de la malheureuse et tendre Procris.
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