HISTOIRE ET FABLE DE MERCURE
Les anciens reconnaissaient un si e ranci nombre de Mercure, et leur attribuaient des fonctions si diliérentes les unes des autres , que , pour éviter la confusion , il faut recourir à lliistoire. Elle nous apprend qu'il faut réduire leur nombre à deux , dont le plus ancien était le Thaut ou Thot des Egyptiens, contemporain d'Osiris. Le second était, selon Hésiode, fils de Jupiter et de Maïa, fille d'Atlas.
L'antiquité n'a point de personnage plus célèbre que le Mercure égyptien. Il était l'âme du conseil d'Osiris. Ce prince , en partant pour la conquête des Indes , voulut qu'il restât auprès d'Isis , qu'il avait nommée régente de ses états ; il le regardait comme l'homme le plus capable de la servir dans l'administration de son royaume.
Mercure fit fleurir les arts et le commerce dans toute l'Egypte. Occupé des sciences les plus sublimes , il employa ses vastes connaissances dans la géométrie , à montrer aux Éfiryptiens la manière de mesurer leurs propriétés , dont les limites étaient souvent emportées par les débordemens du Nil. Il inventa les caractères hiéroglyphiques , qui ,
par la suite , servirent à conserver la mémoire du culte religieux et des mystères.
Diodore de Sicile , d'accord avec Hésiode sur la confiance dont le grand Osiris honorait Mercure, rapporte qu'au lieu des dialectes incertains et grossiers dont on se servait alors, il réforma la langue égyptienne, et lui donna des règles exactes. Il trouva des noms pour des choses d'usage qui n'en avaient pas ; il inventa les premiers caractères , et régla jus- (ju'à l'harmonie des phrases et des mots. Après avoir fixé les pratiques des sacrifices et le culte des dieux, il forma quelques hommes dans la connaissance des principes astronomiques.