‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 59 sur 151 · DIVINITÉS DE LA MER ET DES EAUX · texte numérisé non relu

DIVINITÉS DE LA MER ET DES EAUX

Les besoins de la vie, toujours renaissans, ces besoins dont la privation cause la mort, portèrent les bommes à croire qu'il existait des dieux chargés d'y présider. De là chaque élérnent eut sa divinité. L irajjossibilité de concevoir ces êtres invisibles leur fît joindre des êtres animés qui leur servaient de symbole. C'est ainsi que les Egyptiens donnèrent les noms à'Osiris et à'Isis au soleil et à la lune. Neptune, célèbre parce c^u'il commandait les flottes de Jupiter , devint le dieu des jners. Chaque fleuve, chaque fontaine, cha- (}ue amas d'eau eut sa divinité particulière.

Ce culte variait comme les coutumes et les opinions des diflerens peuples , mais le culte de l'eau était général. Les Egyptiens avaient la mer en horreur , parce qu'elle leur représentait le redoutable Typhon. Ils réservaient toute leur vénération pour l'eau du Nil. Ils nommaient ce fleuve Océan , Ipeus ou Ni- Iits , souvent même Siris ^ par abréviation

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dOsiris. Chez eux ce fleuve, ou plutôt le dieu de l'eau, était représenté par un vase percé de toutes parts, qu'ils nommaient hydria. Les Perses ayant prétendu soutenir la prééminence An feu , leur grande divinité, les prêtres égyptiens acceptèrent le défi ; Yhydiia t ut placée sur un brasier ardent , mais les trous du vase , adroitement fermés avec de la cire, laissèrent échapper l'eau qu'il contejuiit, et le Nil fut vainqueur. Depuis ce temps, rien n'égalait le resyject des Egyptiens pour Vhydriaj, qu'ils nommaient aussi dieu Caiiope. Selon eux, le Nil, ou l'eau en général, était le principe fécond de toutes choses , et donnait seul le mouvement et la vie à tout ce qui respire.

Les Indiens rendaient au Gange les honneurs divins. Cette superstition dure encore, et les princes qui régnent sur les bords de ce fleuve font payer à leurs sujets le droit de s'y baigner et d'y puiser de l'eau.

Presque tous les peuples de la terre faisaient des libations à l'Océan , aux mers , aux fontaines et aux fleuves. La Grèce n'avait ni rivières ni fontaines où l'on ne plaçât des statues et des inscriptions religieuses. On attribuait à l'eau les effets les plus surprenans , et les poètes étendirent infiniment ce genre de culte et d'idolâtrie en y joignant leurs fonc-

lions. De là sont venues ces divinités dont le nombre surpasse celles du ciel et des autres parties de l'univers.

Océan avait eu de Téthys soixante-douze nymphes, nommées Océanides ; Nérée , cin- (juante Néréides^ dont Hésiode rapporte les noms. Le même poëte fait monter le nombre des nymphes des eaux jusqu'à trois mille ; et , si l'on ajoute les Naïades, les Napées , les Lymniades , etc. , etc. , on trouvera que les divinités des eaux étaient innombrables. Nous nous bornerons à donner les fables les plus essentielles parmi celles qui tiennent à cette partie de la mythologie.

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