PREMIER OBJET DE L'IDOLATRIE
Si nous en croyons le célèbre A ossius , la plus ancienne idolâtrie a été celle des deux principes, l'un bon, et l'autre mauvais.
Les hommes, ayant vu le monde rempli de biens et de maux, et n'ayant plus la tradi-
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tion sacrée pour guide , ne purent croire qu'un être qui est essentiellement bon , pût être l'auteur du mal ; ils inventèrent deux divinités égales en puissance et éternelles. Ils crurent que tout le bien venait du bon principe , et tout le mal du mauvais. C' savant ignore l'époque de cette erreur ; mais il assure avec raison qu'elle est très -ancienne. Plutarque fait une longue^ énumération de ceux qui ont enseigné cette doctrine , et Vossius assure que Zoroastre la trouva établie chez les Perses.
On ne sait point qui était ce Zoroastre , ni le temps précis où il a vécu. Quelques savans, d'accord avec Vossius, ont cru que c'était Mysraïm lui-même , fils de Cham , qui , après la mort de son père , fut appeli Zoroastre, c'est-à-dire astre vivant ^ parce cjuil avait porté les Egyptiens à rendre aux astres un culte religieux ; mais cette assertion ne s'accorde nidlement avec la sublime définition de la Divinité , que nous avons citée plus haut, et qui a été tirée des ouvrages mêmes de Zoroastre.
Un Anglais très-savant, Thomas Hjdc, qui connaissait mieux que Vossius la reliûion des anciens Perses , a pleinement justifié Zoroastre, en prouvant que cet homme célèbre, bien loin d'avoir introduit l'idolâtrie chez les
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premiers Egyptiens , n'avait jamais vécu parmi eux , et qu il n'avait paru que chez les Perses, du temps de Darius Hystaspes. Il dit qu'il employa tous ses efforts pour détruire cette absurde conception des hommes, et pour ramener les plus raisonnables à la connaissance d'un seul principe , créateur du ciel et de la terre ; mais ayant trouvé que le culte des astres et des planètes était la religion dominante, et ne voulant pas trop effaroucher les esprits, il prescrivit à l'égard du soleil , principe de la fécondité de la terre , quelques cérémonies religieuses, telles qu'elles se pratiquent encore aujourd'hui dans les Indes , parmi les mages , descendans des anciens Perses. Hyde ajoute qu'ils n'adorent qu'un seul dieu , principe de tous les êtres , . et que s'ils honorent le feu et le soleil^ c'est qu'ils le regardent comme l'image la plus pure du Créateur, et le temps où il a établi son trône. Au reste ces mages sont en très-petit nombre.
Quoi qu'il en soit, l'idolâtrie des deux principes existait très-anciennement en Egypte , et c'était pour l'exprimer que les Egyptiens, dans leur théologie remplie de symboles , disaient qu'Osiris avait enfermé dans l'œuf primitif d'où ce mondé a été tiré, douze Jigures pyramidales blanches, pour marquer les biens
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infinis dont il voulait conxbler les hommes ; mais que Typhon son frère, auteur du mal, ayant ouvert cet œuf, y avait introduit douze autres pyramidales Jioires , source de tous les maux répandus sur la terre.
Les Perses donnaient au hon principe le nom d'Oromase , et celui d'Arimane au mauvais principe. Les Chaldéens les représentaient par leurs planètes bienfaisantes ou nuisibles.
Par la suite des temps , Pythaijore alla prendre cette opinion dans l'Egypte , et la répandit dans la Grèce, qui la transmit aux Romains. Le fameux Manès Tadopta , et voulut la mêler au christianisme vers le quatrième siècle de 1 éfflise.